03/02/2006

Silence, Albert !

Une des raisons de mon amour pour la Belgique, c'est qu'on est jamais à une contradiction près ! Par exemple, vous souvenez-vous des débuts d'Albert II ? Les commentaires portaient le plus souvent sur le rôle avant tout symbolique du roi, sur la cohésion qu'il pouvait apporter au pays. Tout le monde s'accordait pour dire que la royauté belge était avant tout un rempart contre l'effilochement fédéral et les assauts séparatistes balbutiants. Grosso modo, on demandait au roi de rester en vie et de se montrer de temps en temps, c'était ça "le rôle symbolique".

Aujourd'hui, le séparatisme n'est plus seulement qu'une mini-veine crasseuse de l'organisme "Belgique", c'est une solution à part entière, étudiée de près et envisagée aussi par des partis démocratiques. L'envie d'autonomie, embryonnaire il y a quinze ans, est devenue obsessionnelle chez beaucoup de gens.

Dans ces conditions, le roi ne pouvait plus remplir sa mission de cohésion par ses seules apparitions muettes à telle ou telle occasion. Le roi (et son fils) allait devoir parler ! Et que pouvait-il bien dire ? Ben justement, que l'unité de notre pays est plus que jamais ce qui doit nous préoccuper, que les tentatives récurrentes au Nord de diviser le pays sont anticonstitutionnelles donc punissables, etc. Donc, en gros, le roi a joué son rôle. Comme Philippe l'avait fait il y a quelques mois en attaquant la veine nationaliste flamande.

Quelqu'un peut-il m'expliquer en quoi ce discours mérite un tel débat ? Les mots d'Albert n'ont gercé les tympans que de ces même nationalistes, je ne vois pas pourquoi leur offrir une occasion supplémentaire de s'exprimer comme ils savent le faire : bruyamment et rageusement, ce qui ne manque jamais de plaire à une certaine masse. Comme l'écrivait Marc Moulin : Faut-il faire le lit de l'extrême droite plus souvent qu'elle ne s'y couche ?

11:16 Écrit par le temps passe, le reste reste. | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

mùnich oui munich m'a plu mais la laissé un peu sur ma fin !
je t'invite à venir voir la critique que j'en ai fait ce matin !

Bellxone
ps : ton com sur l'art et interressant et tres vrai !

Écrit par : bellxone | 03/02/2006

:-( Le plus gros probléme du roi et de sa progénitures est qu'ils faut que tout les soussous que c'est cher têtes courronées ont et qui vient biensur de nos poche soit un peu justifier c'est pour ça qu'il se met a dire des petit discours a la télé !! et vu que les politiciens le prenne pour un guignol et que les gens d'une certaine cultures le trouvent inutile donc intérrésant et que le reste des gens lui vouent une admiration sans borne parce ce que ils ont etait eduquée dans la mentalité "aime la famille Royal !!

Alors je sais que ça n'a pas grand chose a voir mais j'aime bien donnée mon avis meme si il n'intérrese personne :-)

Écrit par : folette | 03/02/2006

Le roi et le séparatisme... L'idée communément répandue que la royauté belge aurait été le ciment de la Belgique est une idée artificiellement répandue par les médias.

Pour qui se penche un peu sur l'histoire, il ne viendrait à l'idée de dire "oh! Baudouin qui a signé TOUTES les lois sur la fédéralisation, la régionalisatione et la communautarisation de la Belgique a agi comme un ciment." Mais bon, on "oublie" un peu vite qu'il a signé toutes ces lois. Ca c'est la réalité. Donc, ciment ciment, un ciment vachement fissuré...

Et maintenant, le péril est là, imminent, la Flandre qui veut faire sécession (ne mâchons pas nos mots) et le péril que cela entraîne pour les Bruxellois francophones (à 88 %) sans compter les gens de la périphérie, parce qu'après tout, qu'est-ce qu'il y a de commun entre un Flandrien, un autre Flandrien, un Limbourgeois ou un Anversois ?

Et le péril en fait, est le plus grave pour la population bruxelloise francophone. Que va-t-elle devenir? Bruxelles étant dans la Flandre, encerclée, depuis longtemps et depuis toujours la proie de l'appétit flamingand... On ne sait pas pourquoi d'ailleurs, les Flamands n'ayant jamais beaucoup aimé Bruxelles (ou peut-être, les Bruxellois)...

Bref, il est temps de se réveiller et de voir les choses comme elles sont! Il y a péril en la demeure!

Perso, je n'ai jamais beaucoup constaté que les politiques aient entamé un réel combat contre l'extrême droite. Ils se reposent pour cela sur l'associatif et sur les intellectuels.

Et de plus, la Wallonie est (dans la bouche de Elio di Rupo) dans un état d'auto-justification qui me paraît dangereux. Quand j'entends le vice-premier dire qu'avec le plan Marshall tout ira mieux en Wallonie et qu'il ne faut pas la laisser tomber...

Hum, hum... Personne n'a jamais empêché un être humain ou un groupe d'évacuer la vieille chaussette dont il n'a plus que faire... Même si elle possède encore quelques beaux fils d'or dans sa trame.

Bon, comme je deviens trop longue, je m'arrête ici...

Écrit par : Pivoine | 04/02/2006

Chère Pivoine, Merci pour ton commentaire. Comme toi, je ne suis pas sûr que le roi soit le ciment de la cohésion belge. Je crois par contre que lui, le roi, en est persuadé et qu'il agit par conséquent dans ce sens. Ton constat de la situation bruxelloise est assez péssimiste mais, je le crains, bien fondé. La politique flamande à Bruxelles tient plus du positionnement stratégique que du simple "exode rural". Il y a péril, oui. Mais ce qui m'inquiète le plus va au-delà des analyses et des pourcentages statistiques : de plus en plus, Flamands et Wallons axent leurs rapports uniquement sur base de ce qui les oppose et jamais (ou rarement, ou pas en public) sur ce qui les rapproche. Et il est facile, pour nous, de voir une guerre froide culturelle là où il n'y a, finalement, que conflit d'intérêt. Et je ne suis pas certain que ce soit de nos intérêts à nous qu'il s'agisse. Que faire ? Voter ? Fuir ? Cloturer Bxl ? Ou y croire encore... Finalement, la seule différence entre F et W, c'est la langue, non ? Dans une société où tout le monde est amené à apprendre l'anglais, j'ai du mal à me dire qu'il n'y a pas une solution...

Écrit par : actu | 04/02/2006

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