15/02/2006

Ciao !

IL y a deux ou trois semaines, un vendredi, je l'entendais retracer sa vie sur les ondes de la Première. Et quelle vie ! Darry Cowl a forcé la porte du cinéma au culot, en bluffant littéralement Guitry, en faisant de l'improvisation son emprunte, sa marque. En 1957, "Le triporteur" ( J. PInoteau) le propulse au sommet, définitivement se dit-on, tant la popularité de Cowl est impressionnante. Il tourne avec les meilleurs, impose son style, son "zozotement". Bien entendu, les meilleures biographies sont toujours un brin chiadées, la sienne ne fait pas exception.

Joueur invétéré, Cowl fera pour une fois comme tous les autres : il s'endettera sévèrement. Dans l'urgence et le besoin, il renflouera les caisses en tournant quelques monuments de ce que le cinéma français compte de plus naze, des films dont tout est à jetter, à l'exception peut-être de l'un ou l'autre titre : "Poussez pas grand-père dans les cactus", comme titre, m'a toujours fait marrer.

Darry Cowl est un artiste qui ne se résume pas facilement ; sa carrière de comédien a sans doute occulté celle de pianiste, même s'il accompagna les jeunes Brel, Brassens et Aznavour. Quand à sa vie d'artiste, lui seul savait dans quelle mesure elle n'était qu'un masque posé sur sa frustration originelle, peut-être la pire de toutes : Son père, probablement distrait, féconda une autre femme que sa mère. Cette dernière, préférant sauver l'honneur de la famille allait simuler une grossesse (avec coussins sous le pull etc) jusqu'à ce que le bébé se sorte enfin du corps étranger et regagne la petite famille Cowl. Horrible séparation pour la mère biologique et acceuil plus que forcé pour la mère factice, voilà ce qui s'appelle commencer sa vie dans de sales draps.

11:17 Écrit par le temps passe, le reste reste. | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

quelle plaisir ... de te relir mon petit art !!!


tjs aussi pertinent !!!

Écrit par : folette | 15/02/2006

Brel et Cowl... J'en ai lu des bios de Brel mais j'ai jamais entendu parler du fait qu'il avait été accompagné au piano par Darry Cowl... De quelle source ça vient ça? T'as des détails?

Écrit par : Ed | 01/03/2006

> Salut Ed, l'info vient de Cowl lui-même lors de cette fameuse interview sur les ondes de la première, dffusée qq semaines avant sa mort. J'imagine qu'on en parlera davantage dans les futures bio de Cowl que dans celles de Brel.

Écrit par : artatum | 01/09/2006

Les commentaires sont fermés.