08/03/2006

Mesdames, une bonne journée ! ... on a dit UNE !

C'est fou comme le 8 mars revient vite depuis 1977, date à laquelle on fixa officiellement la Journée Internationale de la Femme. Cela fait donc presque trente ans que les Nations Unies eurent l'idée de célébrer une moitié de la planète, ce qui est quand même une drôle d'idée quand on la sort de son contexte. Puisqu'il semblait impossible pour l'homme de considérer la femme comme son égale, il fallut sévir et décréter : la femme aura sa journée !

Entre temps, l'idée a fait son chemin et bon nombre de causes ou d'espèces menacées ont également acquis leur journée : les diabétiques, les casques bleus, l'eau, les musées, la francophonie, les réfugiés, les handicapés... Presqu'autant de causes que de jours dans l'année. Il revient donc aux média de décider quelle cause mérite d'être soulevée à la hauteur de nos yeux ; aujourd'hui la femme, mais parlera-t-on de la journée internationale de la culture créole le 28 octobre, ou de celle des océans le 8 juin ? Ceci pour dire qu'un tel pullulement finit par vider de son sens l'idée même d'une journée internationale.

Mais revenons à la femme et à ce qu'elle a gagné depuis 1977. Aujourd'hui, la femme travaille plus mais gagne moins que les hommes, environ 25%. Aujourd'hui, la femme a obtenu de l'homme qu'il s'investisse dans les tâches ménagères : il le fait à raison de 10 minutes en moyenne par jour (contre 3h pour la femme) ! En politique comme ailleurs, la femme gagne du terrain et s'installe à des postes clés, mais toujours dans des proportions moindres pour ne pas dire dérisoires. Qu'en penser ?

Le statut de la femme progresse, c'est indéniable mais toujours insuffisant. De plus en plus d'avis s'élèvent pour affirmer, par exemple, que les femmes disposent d'une patience et d'un sens de l'écoute qui les prédisposent aux tâches politiques et diplomatiques notamment. Je fais partie des convaincus qui voient dans la femme sinon l'avenir de l'homme, au moins une alternative avantageuse dans bien des domaines et notamment dans certaines hautes fonctions exigeant tact, sensibilité et absence de vanité. A vrai dire, je suis à ce point persuadé de l'avantage que nous aurions tous à nous fier plus souvent aux femmes pour des matières importantes que l'idée même de poursuivre cette "journée de la femme" m'énerve.

Est-il nécessaire de maintenir la femme dans cette liste des laissés pour compte dont la journée internationale représente le dernier espoir ? Faudra-t-il encore longtemps la célébrer comme on célèbre le diabète ou l'herpès ? Combien de Hilary Clinton, combien d'exemples, faudra-t-il encore pour que la femme mérite d'exister 365 jours par an ? Je n'ai pas de réponse et ne comptez pas sur moi pour distinguer nos femmes de celles du Sud ou d'ailleurs . En matière de respect, nous n'avons pas à nous vanter, d'autant que nous, on ne peut même pas nous cacher derrière une religion ou une loi pour justifier la persistance de ces inégalités !

13:43 Écrit par le temps passe, le reste reste. | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

merci tu a tout a fait raison !!!et je vais suivre ton conseilles !!!!!

Écrit par : folette | 09/03/2006

The sujet :D ce qu'elle a gagné depuis 1977 ???...bof l'obligation ( au début c'était un droit now..c'est un devoir) d'aller travailler (à l'extérieur de son home )pour moi ,elle a pas gagné grand chose ,excepté pour les carrièristes ou certaines qui ont des boulots intéressants ou amusants mais c'est pas la majorité hein !
Je trouve que le statut de la femme il est naturellement bien comme ça pkoi est ce qu'il doit progresser ,je me méfie des femmes qui veulent imiter les hommes, en politique par expl. pck bien souvent elles ont pires que les hommes si si si :)))
Et puis on dit "derrière chaque grand homme il y a une femme " ça veut tout dire non ?

Le statut de la femme n'a pas besoin de progresser ,depuis le début des temps c'est nous qui avons le pouvoir ,mais de l'intérieur ,je me comprend :)
En conclusion ,la femme à la maison ,le mari au boulot ,tsssss vais me faire démonter par ces connes de féministes m'en fout na!
bon aprem '

Écrit par : bio | 09/03/2006

et avec tout ça l'homme se féminise ,côté esthétique ,physique ,ça va ,c'est un bien !
mais pour le reste il n'assume plus comme un homme doit le faire
il s'affaiblit et devient une poupée de chiffon entre nos mains ,moi je veux un combattant en face de moi pas un béni oui oui ni une aide ménagère :P

Écrit par : bio | 09/03/2006

Je voudrais, si ce n'est pas trop demander n'est-ce pas, une journée de l'homme !!
Une date à me proposer?

Écrit par : Lou | 09/03/2006

> Fol', voilà qui fait plaisir ! Bienvenue ...
Bio, si je comprends bien tu cherches un homme qui ne fout rien à la maison, qui n'a pas honte d'être bourru et qui assure là où il faut. Mmmh, si tu es célibataire, à mon avis, ça ne va pas durer... Pour le reste, je suis d'accord avec toi, le féminisme s'exprime sous différentes formes dont certaines, je crois, nuisent clairement à la femme.
Salut Lou, notre journée on l'a déjà, c'est le dimanche (> weekend sportif !) :)

Écrit par : artatum | 10/03/2006

Egalité. Cher Artatum,
Les femmes seront les &gales de l'homme quand elles admettront ;) ;)
- Qu'il faut assumer sa calvitie.
- Que regarder un match de foot à la télé, une bonne bière à la main, c'est de la culture.
- Que tous les métiers devraient être accessibles aux hommes comme aux femmes: curé, joueur de foot (équipes mixtes), serveuse galante de bar...
- Que les fourrures vont le mieux aux animaux d'où elles proviennent.
Amitiés.

Écrit par : Armand | 10/03/2006

Oxford. Cher Artatum,
Ayant la chance d'avoir parmi mes lectrices deux étudiantes d'Oxford, je me suis permis de demander à l'une d'elles de vérifier ma traduction (Aletheia avait trouvé des nuances). Tout semble normal d'après Nathalie! Tu peux aller lire les commentaires chez moi... Cela te permettra d'autant plus facilement d'en interpréter le sens. C'est bien d'avoir l'esprit critique...
Amitiés.

Écrit par : Armand | 10/03/2006

oui mais qui assure là où il faut et ailleurs aussi ,c à d qu'il assure un toit ,un endroit confortable à vivre ,l'habillage et la nourriture enfin qu'il veille à mon bien être ;) et faut surtout bcp d'amour dans l'air sinon ,rien n'est possible :)

Écrit par : bio | 11/03/2006

Hello J'avais promis de passer sur chaque blog d'un nouvel ami bloggeur ou d'une nouvelle amie bloggeuse ayant laissé de gentils mots de soutien et
d'encouragement lors de ma récente opération à coeur ouvert et tu en fais partie.
Je prendrai le temps nécessaire mais cette promesse sera tenue.
Alors me voilà pour te remercier de cette délicate attention qui m'a fait
très plaisir dans ces moments parfois très difficiles.
Je t'ajoute aussi dans ma liste de liens vers les blogs amis que je visite plus ou moins régulièrement suivant le temps dont je dispose en temps normal quand je travaille (là je suis bien entendu en période de
convalesence).
Je te souhaite plein de bonnes choses - bon blog.
Amitié.

Patrick

Écrit par : chaparal | 13/03/2006

http://bruxellesbrussel.skynetblogs.be/ Bonjour Artatum,

Merci pour ton message sur mon blog. En effet, Hillary Clinton est une alternative qui tient la route à coté de Condoleeza Rice pour la Présidence des E.U. Je crois plus dans les compétences de Mme Rice, mais comme je ne peux pas voter là-bas...
On peut toujours rêver à un duel entre les deux !

Alain

Écrit par : Alain | 15/03/2006

LE PARADOXE DU 8 MARS

Je ne sais pas pourquoi, le 8 mars ne me réjouit pas.

Autant la St Valentin joue sur le registre de la tendresse, autant celui-là nous rappelle que 50% des habitants du monde (les femmes, quoi) doit être protégé. Ce qui n'est pas bon signe.

En trentenaire modèle, je ne suis pas féministe. Parce que j’aime profondément les hommes, y compris leurs défauts qui me changent de mes travers à moi.
Et puis parce que le mien à la maison assure presque 20% des tâches ménagères, ce qui le place largement au dessus de la moyenne mondiale.
Mais la journée de la femme rappelle que la femme vit toujours dans un monde d’hommes. Si la femme vivait dans un monde de femmes, je ne suis pas sûre qu’elle créerait une journée de l’homme.

Si le 8 mars est une commémoration, on peut s’en réjouir. C’est bien de se rappeler les succès, les étapes qui ont compté pour l’humanité. Un Homme sur deux a longtemps dépendu d’un autre (de sexe masculin, je vous le donne émile), il est bon de se le rappeler, et d’ailleurs cela a encore cours dans de nombreux pays.
Mais ce qui me glace, c’est que cette journée est aussi un avertissement. Les rues pleines d’hommes ne sont pas sûres, il paraît. Les entreprises non plus. Pour chaque femme, seule la voie de la maison reste la plus douce, avec du sable aux pieds. Une voie de plus en plus en pente, pour regagner ses quatre murs plus vite, mais sans la mer au bout.

Le 8 mars est peut-être un constat d’échec. La femme s’associe tristement à l’imaginaire de la violence et de la résignation. Dans les banlieues, une enquête parue ces jours-ci dans Libération fait état d’un climat désolant, et d’une situation de violence envers les femmes affligeante.
Ailleurs, la femme a plus de chance (écrire cela fait mal), elle n’a qu’une triple vie de mère-femme-salariée, et elle échappe davantage à la violence physique, car les mots blessent très bien aussi.
A noter une minorité qu’on appellera « Les Chieuses », qui par leurs qualités exceptionnelles, voire masculines, parviennent tout de même à imposer leurs volontés aux hommes comme aux femmes (femmes, votre chef au bureau en fait partie, aucun doute là-dessus).

Le 8 mars renvoie également les femmes à leur condition de femme, sous la règle du « sois belle et tais-toi ». Une injonction à la fois masculine et féminine (nous ne sommes pas très solidaires) en train de se transformer d’ailleurs en « Sois belle, féconde, et on te l’a déjà dit, tais-toi ».
La pression croissante des ventres ronds et de la beauté ramènent lentement mais sûrement toutes les femmes à leur rôle historique de potiches et/ou de productrices d’héritiers.

Qui dit potiche dit beau, qu’on aime montrer. C’est selon moi le vrai retour en arrière, le vrai retournement de l’arme contre soi : le retour de l’obligation d’être belle.
Une femme en 68 n’avait pas pour condition nécessaire et suffisante, pour être une femme, d’être belle. Maintenant, si.
J’observe que les femmes de toutes les catégories sociales se retrouvent sous ce même diktat : des clips de rappeurs portant aux nues « La Pétasse » aux entretiens de recrutement très chics qui ne tolèrent plus le port du pantalon, la valeur principale d’une femme, c’est son pesant de courbes, c’est l’ourlé du cil, c’est son joli minois.

J’aimerais donc que le 8 mars soit la journée du couple (un bon tandem, pourtant), la journée du projet partagé, la journée de la main tendue, ou la journée non travaillée passée au bar (pourquoi pas).

Mais par pitié, arrêtons de parler de la journée de la femme, car comme disent de nombreuses femmes débordées, « c’est tous les jours notre journée ».

Et pourfendons non pas des hommes, mais les violences, les abus de pouvoir, et la connerie humaine (une qualité assez bien partagée somme toute, et qui -si elle a un genre (féminin mais c’est pas fait exprès)- n’a pas de sexe).

Allez, les gars, sans rancune ?

Écrit par : mamemichu | 08/03/2007

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