31/05/2006

Bernard Anselme et moi

Je n'aime pas du tout Bernard Anselme, le bourgmestre de Namur. Et quand je dis "pas du tout", je suis très en dessous de la réalité, croyez-moi sur parole. La petite histoire que je vais vous raconter date de deux mois, quand je suis allé lui présenter un projet sur lequel j'avais bossé avec une collègue. Avant tout, je précise que l'idée (elle ne venait pas de moi) a été retenue et que mon dégoût total pour le personnage n'émane absolument pas d'une frustration quelconque. Voilà qui est dit.

Bedonnant comme les otaries du PS oldschool (Van Cau, Carriat, la racaille quoi), Anselme arriva en retard comme il se doit, salua le chapelet d'échevins et nous-même de son plus horrible sourire politicien. S'asseillant, il décida que nous pouvions commencer, ce que nous fîmes avant qu'il ne se lève et se casse de la pièce, l'index levé, comme s'il essayait de nous faire comprendre quelque chose, qu'il revenait tout de suite et en silence, qu'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, difficile à dire. Finalement, il est revenu très vite, trente secondes plus tard pas plus, exhibant fièrement un gros cendrier très lourd, un cendrier de bourgmestre. Nous parlions et notre gros bonhomme rougeaux, lui, fumait à pleins poumons, soufflant très fort, visiblement satisfait par ses effets de fumée. Il s'alluma dans les 3 clopes le quart d'heure, deux mois à peine après que la nouvelle législation sur le tabagisme dans les bureaux ait été mise en application.

Quand on a eu fini de lui exposer nos idées, il commença par couper la parole à son échevin des travaux publiques pour lâcher une phrase qui allait devenir SA phrase : "Bon, moi je ne sais rien hein, je réfléchis tout haut là, ...", phrase qu'il allait resortir une bonne dizaine de fois sur la demi heure de discussion.

Anselme, c'est l'archétype du mec qui a enfin obtenu ce qu'il a toujours désiré, son poste de bourgmestre. Depuis lors, chaque seconde que ses artères obstruées lui accordent généreusement sont tout simplement les plus belles de sa petite existence d'homme important ! On pourrait penser que ses ambitions sont dès lors bien rangées derrière lui, dans le passé, et bien non, pas du tout, il lui en reste une ! Celle d'écrire son nom - que dis-je - de le graver à jamais dans les pierres de Namur. Comment ? En bâtissant un nouveau parlement wallon pardi ! Je ne peux pas m'étendre sur le sujet mais nous en reparlerons bientôt, je vous le promets. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'Anselme tient plus que tout à son parlement et que, quand j'ai émis l'idée d'utiliser cet espace pour un projet plus utile et plus proche des Namurois, sa réponse, pour une fois, sortit d'elle-même : "Une esplanade pour accueillir les foules et organiser des événements ? (Anselme est lent, donc il répète souvent la dernière phrase entendue) Il ne faudrait quand même pas que l'esplanade serve de lieu de rendez-vous à tout ceux qui veulent manifester contre mon parlement !. Je jure sur le string blanc de mon chat noir que je n'ajoute pas un mot aux siens, ceci est blog sérieux, vous savez bien.

Par contre, quand je lis depuis lundi qu'Anselme est accusé de confier trop systématiquement les travaux publics wallons et namurois à la SOGETEC, la boîte de sa nana, et qu'on lui reproche d'avoir "un projet un peu trop personnel pour la ville de Namur" (La Libre Belgique citant A. Gavroy, chef de groupe écolo au conseil communal de la ville de Namur), je comprends beaucoup de choses. Pour commencer, l'attitude complètement nonchalante et désintéressée d'Anselme à propos de cet espace à occuper. Il s'en masse comme de sa première idée de cet espace, car il sait que dans 5 ans c'est un gigantesque parlement inutile qui s'élèvera au même endroit. En quoi ça le réjouit ? Primo, ce sera son oeuvre, sa contribution à lui à la ville de Namur ! Là, je dois vous préciser que quand il présenta pour la première fois cette idée, des milliers de Namurois sont sortis pour manifester contre cette hérésie, or pour faire sortir un Namurois dans la rue, les amis, faut se lever très tôt. Secundo, qui c'est qui va se choper le juteux contrat du parlement en rendant un erzats de devis ? La SOGETEC pardi. Et qui c'est qui va empocher le magot ? C'est bibiche (Rita Maillard)... donc Anselme, vous suivez ?

Comme les accusations portées contre le bourgmestre et sa Rita sont toujours démenties, je vais m'en tenir là... en attendant la suite avec impatience. Juste une chose en passant, vous vous souvenez le lynchage d'Arena quand elle a refait ses bureaux ? On disait que les bureaux n'étaient pas si vétustes, qu'il était inconvenant de dépenser autant pour les rénover, vous vous souvenez ? Expliquez moi en quoi, si l'aile la plus pourrie du parlement actuel ne nécessite pas les rénovations d'Arena, il est à ce point nécessaire de construire tout un nouveau parlement à 500 mètres de là ? Cette question m'a brûlé les lèvres pendant tout le temps que j'ai passé avec Anselme, et je soupçonne son oeil bovin d'avoir vu clair dans mes pensées !


nb. Peinture de Franck Urban Cajal, Le Train, merci à boudlard(.skynetblogs.be) pour la découverte. L'illustration n'a aucun rapport avec le sujet, une photo d'identité aurait été plus appropriée, mais mon sens de l'esthétisme ne veut rien savoir.

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23/05/2006

 Au troisième top, rien n'aura changé

Il y a des jours comme ça où l'actualité se répète sans imagination, des jours où j'écoute les nouvelles du monde en baillant. Le fil souvent tenu qui me relie au monde s'effiloche, comme un nerf mort qui ferait passer l'info mais pas le sentiment qu'elle suscite. J'ai capté les nouvelles du jours et je suis indemne, incapable de la moindre émotion.

Au micro de JP Jacqmin ce matin, Paul DE GRAUWE (prof d'éco à la KUL) posait les bases de son petit séparatisme à lui, attisant la rage d'une floppée de Wallons dont la patience envers ce type de discours semble visiblement s'être érodée au fil des gamineries politiciennes. J'ai trouvé DE GRAUWE moins con qu'inutile, moins malhonnête qu'engoncé jusqu'à la glotte dans une logique autiste et partiale, logique autrefois individuelle mais de plus en plus culturelle au Nord. J'ai écouté les propos révoltants de Paul, les commentaires révoltés des auditeurs, j'ai regardé le ciel gris, "il pleut sur Andenne, temps de merde"!

A Liège, de vieilles tuiles sont tombées des vieux toits entre les quais de la Batte et la rue Ferronstrée, c-à-d entre la porte d'entrée et la fenêtre arrière chez nous. C'est la radio qui l'a dit, je n'avais rien entendu. Faudra aller jeter un oeil ce soir... "Que ferais-je sans les infos du matin ?"

A Charleroi, le PS s'imagine que la Belgique entière a les yeux rivés sur leur parodie de tribunal médiatique. Or, quelque soit la sanction, nous ne connaîtrons jamais les réaffectations cossues réservées aux amis pansus de Van Cau. Je l'ai croisé la semaine dernière justement, en campagne dans une boulangerie de Jambes, le Van Cau. "Ce mec à tout pour plaire aux boulangères, ai-je pensé".

Oh bien sûr, j'oublie le malheureux accident d'un car Belge dans le Sud, tragique. L'enquête est suivie de près par notre presse nationale. Alors, pneu éclaté ou faute d'inattention du chauffeur ? Ennui technique ou erreur humaine ? Les médias font monter la pression, expect.com est sur le coup, si l'enquête traîne encore un peu on devrait pouvoir parier sur les causes avant la fin de la semaine.

Il y a des jours où notre monde donne raison à ces ados déclassés au shit qui préfèrent affronter Zidane sur une PS2 que de participer à la construction d'une société aussi terne ! Comment on fait déjà pour atterrir dans Lost ?

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15/05/2006

Parfois je rêve





Je pense au monde et au temps
Je m’imagine dans mille ans
Je me promène les yeux fermés
Parfois je rêve à ces années.

Mille ans de sperme dans un shaker
Mille ans de baise blanc – black – beurs
Mortes les cultures de la couleur
Les privilèges de la pâleur.

Parfois je rêve de ce teint beige
Sur nos visages comme un piège
Tendu aux blancs-tireurs urbains,
Y a pas de racisme daltonien

Ne resteraient plus que deux races,
Adversaires comme pile et face
Depuis deux mille ans en bagarre
Celle des hommes, celle des connards.

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11/05/2006

A quoi tu joues, Christine ?  

Vous avez certainement entendu parler du projet liégeois consistant à fournir de l'héroïne contrôlée aux toxicomanes ? C'est une idée suisse à la base, elle consiste à ouvrir quelques locaux, comme des cafés, afin que les toxicomanes puissent se procurer leur dose et une seringue propre sans les contraindre au vol ou du racket. Les seringues sont préparées par des infirmières qualifiées mais l'injection, elle, ne peut être faite que par le "client" ; ce sont grosso modo les règles du jeu.

RTL a envoyé ses caméras en Suisse pour se rendre compte des effets d'une telle mesure : aucune augmentation de la consommation, diminution spectaculaire du nombre d'overdose, de moins en moins de consommation dans la rue, régression du nombre de cambriolage...

A liège, il m'est arrivé de voir un tox' incapable de se piquer lui-même demander à son dealer de lui faire son injection SUR la place Saint-Lambert un samedi après-midi, dans la cohue ! Et cet incident n'a franchement rien d'exceptionnel hélas, ça fait bien longtemps que la toxicomanie s'est complètement banalisée dans de nombreuses villes belges. J'ai donc la nette impression qu'il serait temps d'arrêter de se fier seulement aux "bonnes vieilles méthodes" de prévention et de répression. Si celles-ci étaient efficaces et suffisantes, je vous assure que ça se verrait tout de suite. Je me suis donc senti plutôt heureux que notre frilosité nationale fasse place à un tantinet d'audace en adoptant la méthode suisse pour compléter le travail d'information et de répression, insuffisant mais néanmoins nécessaire.

Et puis, bardaf, Christine Defraigne (MR) débarque ! J'ai tout de suite senti que j'allais très mal supporter son intervention télévisée et je ne m'étais pas trompée. Alors voilà :


"Chère Christine,

Je sais que les élections approchent à grands pas et qu'on ne t'a pas encore vue des masses sur la place publique jusqu'ici. De plus, je ne doute pas que cette nouvelle mesure ait sincèrement ébranlé tes convictions quant au problème de la drogue dans notre ville commune. Tu vois, j'essaie de te comprendre ! En retour, puis-je espérer de toi un petit effort dans la façon que tu as, par exemple, de vulgariser bêtement un problème sérieux . Car tes arguments, loin de me convaincre, renforcent l'impression suivante : sans l'échéance électorale, le problème de la toxicomanie à Liège te préoccuperait autant aujourd'hui que la disparition progressive des vierges en guimauve à la période de Saint-Nicolas (moi, perso, ça me stresse). Au cas où tes arguments transcendants ne seraient plus très présents dans les esprits, je recopie ici l'un de tes paragraphes :
"Pour le MR, la délivrance contrôlée d’héroïne est un peu le sécateur qui taille l’arbre atteint d’un mal spécifique, la dépendance lourde à l’héroïne. Malheureusement, on se focalise sur cet arbre extrêmement malade qui cache à lui seul l’ensemble de la forêt atteinte de toxicomanie. Or, si cet arbre a besoin d’un traitement spécifique, c’est aussi et surtout au mal qui sévit la forêt tout entière qu’il faut s’attaquer."

En admettant que l'on parvienne à dépasser ta métaphore aussi démago et scolaire que bancale, qu'est-ce que tu cherches à nous dire là ? Que la toxicomanie est un problème grave et qu'il faut l'attaquer dans son entièreté d'un seul coup ? Et ben je te souhaite bonne merde, Chris ! Quand je vois que j'ai déjà des difficultés quand il s'agit de convaincre un pote de réduire sa consommation de stupéfiant, je me réjouis de voir quelle stratégie tu nous prépares, toi, pour régler une fois pour toute la question de la toxicomanie lourde sur toute la ville de Liège !

Moi, ce que je crois, c'est que tu as sauté sur l'occasion qui se présentait pour entamer ta campagne. Campagne dans laquelle, visiblement, tu ne privilégies ni la forme ni le fond. La toxicomanie ne se réglera pas en une seule fois, le modèle suisse n'est qu'un pas en avant émanant d'une prise de conscience déjà bien tardive de l'échec de la stratégie actuelle (prévention-répression). Le refuser pour le motif que, je te cite, "organiser la prise d'héroïne, quand même, y faut pas exagérer" me semble un peu léger (entendu au JT d'RTL).

Alors, au lieu de brailler (avec classe, il faut bien l'avouer) à tout va qu'il s'agit d'un ènième écran de fumée alors que, pour le coup, tout le monde s'accorde à voir dans ce projet un geste d'ouverture et de modernisation dans le traitement de la toxicomanie, pourquoi ne nous proposes-tu pas, toi, une solution miracle ? Quoi ? La prévention ? Mais tu te fous de ma gueule là Christine ? A moins que tu n'aies réellement l'impression que la situation à Liège se soits améliorée en 20 ans ?


Au bout du compte, Christine Defraigne aura fait parler d'elle peu avant les élections. Elle a probablement perdu la voix de tous ceux qui sont concernés, directement ou indirectement, par ce fléaux mais j'ai bien peur qu'elle n'ait récolté celles, nombreuses, des innommables veaux partisans du " Qu'on les laisse crever !... So charming !

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09/05/2006

vivre, séduire puis mourir

Certains prétendent encore que la beauté n'est qu'intérieure, ça me fait bien marrer. Attention, je ne dis pas qu’il n’existe aucune personne splendide moralement, aucun être habité, intense et profond, pas du tout. Faudrait seulement arrêter d’être borgne, il y a « beauté » et « bonté ». Si la beauté était intérieure, les églises seraient plus populaires que les clubs de fitness (ce qui, n’en déplaise à Ben 6, est loin d’être le cas), les rues ne serviraient plus de podium aux centaines de décérébrés cramés aux U.V promenant leur neurone créatiné là où ils seront le mieux vus , les esthéticiennes et les coiffeurs bosseraient moins, ils remplaceraient Gala et Loana par Kafka et Neruda sur les tables basses des salons désertés, ce serait un autre monde, une autre vie, presqu’évangélique.

De nos jours et à ce sujet, chez nous, les premiers rayons de soleil viennent de brusquer une prise de conscience collective : hors de question d’exhiber fièrement les 3 kilos de l’hiver et les chairs ramollies qui nous rappellent qu’hélas, nous ne rajeunissons pas ! Les blogs sont d’ailleurs un excellent écho à la réaction synchronisée de milliers de belges soucieux de se reprendre en main fermement. Par-ci par-là, on lit des commentaires souvent drôles sur le thème : « ciel, j’ai les fesses à hauteur des genoux, que faire ? ». Tout ça pourquoi , finalement ?

D’abord, peut-être, parce qu’il est de plus en plus question de séduction. On considère souvent celle-ci comme un trait de caractère ou un travers, comme un jeu dont les accessoires seraient le cabriolet et les lunettes de soleil. Or c’est faux ! La séduction est bien plus que ça, elle trône au cœur de notre vie d’humain, elle la rythme et la dirige, la séduction est le moteur d’une quantité de gestes et d’actions quotidiennes, qu’on le veuille ou non. Souvenons-nous de Marcel Duchamp et de sa « Broyeuse de chocolat », traduction mécanique et improbable de nos vrais moteurs : la séduction et le cul. Combien de génies, par exemple, n’ont pas découvert leur don alors qu’ils ne cherchaient au départ qu’à attirer l’attention de l’autre sexe et à le séduire ? Combien de musiciens prodigieux n’ont pas acheté leur premier instrument dans le seul but de convaincre les filles d’enfin s’intéresser au leur ? C’est un phénomène connu depuis l’école primaire : «quand le physique ne suffit pas pour séduire, trouve autre chose : l’humour, la force, la musique, …" Jamel aurait-il développé un tel sens comique s’il avait été un tombeur né, par exemple ? Ainsi, l’adolescent passe un temps fou à se rendre incontournable (pour les meilleurs éléments) ou simplement acceptable (pour les autres) mais, dans tous les cas, désirable ! Quand on sait à quel point l’adolescence est l’étape la plus constitutive de nos vies, on s’étonne moins d’être encore aussi perméable à cette notion de séduction à un âge où, pourtant, le bouillonnement adolescent n'est plus qu'un vague souvenir.

Sachant que l’homme et la femme sont des séducteurs par nature, la question que je me pose est de savoir si la beauté, l’apparence physique, est un avantage ou un frein à notre épanouissement. Car finalement, tout ce temps passé à tâcher de s’embellir, à soulever de la fonte ou à se brûler l’épiderme, ce temps passé à se scruter, à se mesurer , se mensurer, tout ce temps n’aura-t-il pas un petit goût amer le jour où, vieux et fripés, presque morts, nous penserons à tout ce que nous n’avons pas eu le temps de faire ?


Nb. Avis aux amatrices : le muscle sur la photo est à louer sur ebay au nom « sexy man », première enchère : moins de 5 dollars. A ce prix là, il est probablement neurasthénique mais est-ce vraiment important ?

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04/05/2006

20 minutes agréables mais perdues...

Ce matin, ma petite Corsa, ma covoitureuse et moi avons roulé droit vers Namur sous le grand ciel bleu. La Première diffusait un document sur les imigrés italiens en Belgique, Giro oblige, franchement pas mal. Et puis, à hauteur de Huy, est arrivée "Question publique", une émission où les auditeurs peuvent poser leurs questions à l'invité de Jean-Pierre Jaquemin. Comme je n'avait pas écouté l'interview, l'identité de celui ou celle qui allait m'occuper pendant les 20 dernières minutes de route m'était inconnue, suspens...

... Et Bingo ! On annonça Jean-Marie Happart en personne. My God, un jeudi plein de surprises, d'autant qu'ayant peu suivi l'actualité harassante des nos très fins stratèges politiques ces derniers jours, je n'avais pas la moindre idée de la raison de ce Happart sur les ondes. Francorchamp ? Noooon, il n'oserait pas. Les élections et le Fourons ? Mmmh, pas impossible. Une initiative nouvelle de J-M ? Pitié...

Pire qu'une initiative, une Constitution ! Je vous le dis comme je l'ai entendu, Happart réclame une Constitution Wallonne pour faire écho à celle du Nord ou plutôt, "pour ne pas se retrouver dans une position de faiblesse le jour où les Flamands nous lâcheront. Parce que la Belgique, c'est comme un couple, si l'un des deux décide de s'en aller, c'est très difficile de le retenir" Pas si con, finalement, l'idée de protéger ses fesses. Je veux dire, on peut au moins comprendre l'intention quoi, avec un peu de bonne volonté. Encore faut-il avoir une vague idée de ce qu'on va y mettre dans cette Constitution et là, on sent que JM a bossé (et que ça commence à puer la campagne... électorale, je ne me permettrais pas). "L'idée serait de demander aux Wallons et aux Bruxellois ce qu'ils attendent de leur Region dans un premier temps et de s'inspirer de ces attentes pour rédiger la-dite Constitution ensuite"

Réaction d'un auditeur Bruxellois : "Je ne suis pas convaincu que votre analyse soit partagée par la population, ne pensez-vous pas qu'un Referendum permettrait de savoir si votre proposition répond à une attente des Wallons ?" C'est futé, d'autant ça coïncide avec la démarche de JM qui consiste à d'abord nous demander notre avis. Sauf que JM est contre le Referendum parce que, pour lui, seules les élections comptent et permettent d'évaluer les vraies attentes du peuple ! Ok, me dis-je, on a pas fini de se bouffer la queue à se rythme là, reste à tous ceux qui souhaitent cette Constitution à voter pour JM... avant même de savoir de quoi elle sera faite ! Aïe.

Après, on a pris un peu d'altitude avec une question simple et efficace, genre : "Dans ce sens, doit-on donc comprendre que la séparation de la Belgique est inévitable ? Franchement, on va quand même pas bosser sur une Constitution juste pour se marrer si on sait que le séparatisme n'est qu'un feu de paille ou le caprice temporaire de quelques Flamands soudain trop gâtés. JM nous expliqua donc que la séparation n'arriverait jamais, qu'aucune Region ne pourrait assumer son destin économique seule etc, qu'il fallait davantage se tourner vers notre rapport à l'Europe plutôt que de craindre pour nos identités nationales. Oui mais euh là, JM, n'es-tu pas en train de nous dire que ta Consitution ne serait que de l'intox ? Puisqu'il ne faut pas craindre le séparatisme, puisque la Wallonnie ne peut subsiter sans les autres régions, puisque la séparation Nord-Sud ruinerait inévitablement l'équilibre économique du pays, puisque cette Constitution restera vide tant que nous, Wallons, ne l'avons pas remplie et comme nous ne pouvons proposer nos idées via un referendum, peut-on me dire ce que tu fous là, à squatter nos ondes ?

Jean-Marie Happart est un mec simple comme je les aime. Un gars avec qui ça doit être gai de boire un coup en parlant de tout et de rien parce que tu sais qu'il ne te faudra pas ruser pour avoir son avis tranché sur tel ou tel sujet. Ceci dit, j'ai la nette impression que son indéniable talent de syndicaliste Fouronnais ne suffit pas dès que le débat s'élève à l'échelle communautaire ou nationale, voire continentale. Répétons-le, pour Happart, notre avenir c'est l'Europe et c'est dans ce sens qu'il se battra. Reste une couille dans l'engrenage : comment compte-t-il nous défendre à l'Europe ? En Wallon ?

Et cette dernière phrase n'a rien à voir les origines paysannes de JM. Je connais des agriculteurs qui comprennent et pratiquent l'anglais sans avoir la moindre ambition politique, eux.

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