06/09/2006

En parcourant le Soir

En lisant Le Soir ce matin, je me suis dit que plusieurs articles mériteraient un commentaire sur cette page. Encore fallait-il que je me motive à décortiquer l'un d'entre eux, un travail assez astreignant pour quelqu'un en manque évident de sommeil... J'ai donc décidé de vous concocter une grosse boulette (liégeoise) avec tout ça, bon appétit.

J'ai tout de suite envie de vous dispenser des trois premières pages consacrées au cas "Philippe". Que la Flandre n'en veuille pas ne peut plus vraiment nous étonner à ce stade avancé de merdier communautaire. Que les wallons s'en tamponnent joyeusement me semble aussi tout à fait dans l'ordre normal des choses. Heureusement, pour mettre un terme à ce genre de débats gratuits, on peut encore faire confiance à quelques éditorialistes dont le recul fait souvent beaucoup de bien: "Le problème essentiel de ce pays n'est pas de savoir s'il lui faut ou non un roi mais s'il peut ou non rester uni" (Béatrice Delvaux, Le Soir).

J'enchaîne sur une confidence: je suis en train de tomber amoureux d'Alain Destexhe ! Bon, d'accord, sa stratégie électorale est aussi fine qu'un Panty de Maïté mais n'empêche, il a l'art de secouer l'olivier. Ce qui est génial avec lui, c'est qu'il grille complètement toute logique de parti, c-à-d le fondement même de notre organisation politique. Alors que les apparatchiks de tous bords s'évertuent à se positionner par rapport à leurs concurrents d'autres partis, Destexhe rue dans les brancards, tous les brancards, à gauche comme à droite. Avec ses révélations chroniques sur les dysfonctionnements gouvernementaux, il compte autant d'ennemis dans son propre parti que dans tous les autres réunis. Nous saurons bientôt si la technique est payante (à mon avis, elle l'est), en attendant profitons goulûment de ses sorties tonitruantes ! A chacun ses petits plaisirs...

Mais dans la catégorie "moi j'dis c'que j'pense et tant pis si ça énerve", Destexhe reste bien en-dessous du maître incontesté de la discipline, pratiquement son inventeur: Sarko ! Après les inoubliables "racailles, karsher, ...", Sarko continue sa marche rectiligne vers les présidentielles françaises. Alors que dans ses propres rangs, tous le monde semble s'écarter pour faire de la place au "petit gueulard", de l'autre côté, à gauche, la mutinerie a officiellement commencé ! Jack Lang prouve, statistiques à l'appui, qu'il est plus populaire chez les 18-25 que Ségolène; Hollande-le-tempéré joue l'honnêteté en avouant à la presse qu'il trouvait le dernier discours de Ségolène (sa femme donc) trop léger et peu clair, Strauss-Kahn fait le compte de ses amis pour soupeser ses chances... Et le meilleur pour la fin: Jospin nous revient plus voyant que jamais, sur toutes les ondes, sur tous les fronts, avec la ferme intention de susciter sinon un peu d'amour, au moins un brin de sympathie chez ses Français de concitoyens. C'est loin, très loin d'être gagné pour lui... Avec encore un peu d'entêtement dans ce sens, on peut s'attendre à une finale Sarko - Le Pen, un match idéologiquement nul.

J'en arrive à la déception de cette édition du Soir: page 23, la chronique de Thomas Gunzig. Je ne peux critiquer l'auteur, je n'ai rien lu de lui, mais cette chronique, franchement, est d'une fadeur assommante. Le thème du jour ? La "people-isation" des politiques, c-à-d la tendance des politiciens d'aujourd'hui à s'afficher en compagnie de stars. La semaine dernière, le télémoustique parlait de doc Gyneco récupéré par Sarko. Il y a deux jours, le JT de France 2 donnait à jean Reno le temps de dire son amour pour le même sarko. Tous les magazines people font désormais l'amalgame entre starlettes et politiques, tant ces derniers se mélangent sur les clichés des paparazzi. Plusieurs journaux ont déjà mentionné les bisous de Ségo à Jamel... Gunzig nous le redit, sans même ajouter une petite idée neuve, nada. Il conclut mollement : "chez nous c'est plus simple. Dans notre pays de la bonne franquette, le "people" existe peu et les politiques manquent cruellement d'attrait. C'est le bon côté des petits pays". Vous avez le droit de ne pas partager mon avis, mais je trouve ça d'un banal à pleurer... Si l'un d'entre vous voit le moindre intérêt à ce genre de commentaire qu'il me l'enseigne sans hésiter, parce que j'en arriverais presque à préférer une page de pub à la place.

Je rêve toujours d'une presse moins obsédée par l'objectivité (qui n'existe d'ailleurs que très rarement, par moments fugaces), une presse qui aurait le courage de donner, de temps en temps, un avis mouillé, une petite touche personnelle. Sinon dans ses articles de fond, au moins dans ses "billets". Une presse sans couille ne peut qu'attiser les extrémismes de tous poils.


photo: Affiche découpée de Raymond Hains. Ou comment faire du neuf avec l'ancien.

17:07 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

Revue de presse "finale Sarko - Le Pen, un match idéologiquement nul. "
Bien apprécié.

Objectivité dans la presse? Je pense que c'est cela qu'on apprend au journaliste. Je ne sais pas si on leur dit encore que l'objectivité n'existe pas.
Perso quand je vois un article très orienté, j'ai tendance selon mon temps disponible à chercher d'autres publications de l'auteur pour voir qui il est, et comment comprendre son orientation flagrante. Enfin, c'est pas vraiment dans le "Métro" que je vois ce genre de touche personnelle comme tu dis.

J'aime bien aussi "le Soir ce matin".
A+
Phano

Écrit par : Phano | 06/09/2006

euuuh je lis peu les journaux et encor' moins ce qui concerne la politique... :)
bizz

Écrit par : bioz | 07/09/2006

presse objective être objectivement pressé, ça n'existe plus, même sur le papier; c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les blogs existent....je vous mets en lien, d'accord?

Écrit par : Bille | 07/09/2006

Objectivité de la presse ??? La nouvelle Gazette de Charleroi, ça c'est objectif !!! ;-))))
Mais bon, personne ne la lit non plus ;-)))))))))))

Écrit par : Nola | 08/09/2006

Voilà ! J'adore aussi voir Destexhe faire son show... c'est souvent jubilatoire. Mais à mon humble avis, une presse sans couilles n'excite personne, à part des gens comme toi. Et du coup, je me régale de ne pas être la seule à m'exclamer devant du papier.

Écrit par : Boudlard | 08/09/2006

Bonjour Art Et voilà un post comme je les aime.
Bonne journée et amicalement.

Écrit par : DUKE | 08/09/2006

le journal du matin... Comme toi, je reste un adepte du "papier"...
C'est un de mes grands "petits plaisirs" du matin : rien de mieux qu'un p'tit noir, fumant et odorant, avec, devant moi, le journal.
Très souvent, je tourne les pages quasi machinalement tellement les gros titres ne me donnent même pas envie de savoir plus...
Heureusement, il y a de temps en temps un compte rendu du dernier match de Justine, ou la météo, voire les programmes TV...
Et, jouissance suprême, le SUDOKU du jour, juste pour échauffer mes neurones et connecter mes synapses encore barbouillés par la nuit trop courte et les kilomètres...

Toujours un plaisir de "breaker" quelque minutes (un autre grand "petit plaisir") en te lisant.
L.

Écrit par : L. | 08/09/2006

mais alors... A quand la publication papier d'un journal qui recueillerais les posts des blogs?

Écrit par : seby | 15/09/2006

hye bro
toujours bien agréable de lire tes chroniques cher bro! je les trouve souvent très bonnes, très souvent excellentes...

Bonne route, ton fennec de frère.

Écrit par : antoine | 17/09/2006

villégiature en voyage, Tatum? (tatoum tatoum, comme un coeur qui bat)

Écrit par : Bille | 22/09/2006

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