17/10/2006

Automne

magritte1En me promenant dans vos blogs ce midi, j'ai retrouvé ma curiosité d'il y a quelques mois. Je m'étais mis à m'interroger sur le pourquoi de ces petits espaces publics sur le net, me demandant même si tous les blogs - et surtout les meilleurs - n'étaient pas finalement condamnés à dériver vers l'issue la plus évidente de toute entreprise humaine: la médiocrité (dans son sens étymologique svp, je ne veux pas exagérer) ! C'est pour cette raison notamment que je me suis fait plus rare par ici. En cela, je suis loin d'être le seul, je m'en suis aperçu en remontant le temps sur quelques blogs-amis.

Et puis, parfois, l'inspiration revient ! De nulle part ou de très près, je suis bien incapable de vous le dire. C'est une affaire de disposition je crois, une question d'état d'âme ou d'esprit, une propension à se laisser toucher par des détails, de petites choses qui, en vous égratignant, font un peu de lumière sur votre mémoire. Ca vient de m'arriver, sur le blog d'Alyzarine(.skynetlogs.be). En lisant son quotidien choisi, c'est toute la ville de Bruxelles qui m'a sauté au visage ! C'est elle, Bruxelles, qui fit mon éducation de jeune adulte. La campagne m'avait fait voir les plus belles facettes de l'enfance; que Liège avait ensuite empoisonnées à la demande inconsciente de mon adolescence.

C'est au contact des villes tentaculaires que se révèle le pouvoir hallucinatoire de nos campagnes...

Je dois beaucoup à Bruxelles, et cela en dépit de tout ce que j'ai pu lui reprocher par le passé: le peu de cohésion de ses indigènes, son laxisme architectural, son statut de "gros lot" pour la communauté qui parviendra la première à s'en emparer... Toutes ces choses sans lesquelles Liège aurait pu ne jamais me manquer. Ce que les mots d'Alyzarine m'ont rappelé (au-delà du culte de la drague snobino-criarde contre laquelle aucun sexe n'est à l'abris dans cette région), ce sont les lieux-vivants qui jalonnent Bruxelles. Elle cite Excellence, sorte de temple du cinéma à louer et vénéré par des générations entières de cinéphiles noctambules. Dans ma mémoire bruxelloise, Excellence, mais surtout le musée du cinéma, ont durablement élu domicile. A côté d'eux s'est installé depuis longtemps le Musée d'Ixelles, mon petit Louvre personnel... Mais en mieux. Je veux dire sans les files, sans les 4 ou 5 couches de Japonnais devant les jolies oeuvres, sans les crampes à la moitié du parcours, sans l'avalanche de chef d'oeuvres mètre après mètre qui finissent par tous se valoir à mes yeux fatigués. Trop de chefs d'oeuvre tuent le chef d'oeuvre ! A Ixelles, il y en a quelques-uns, juste ce qu'il faut, de magnifiques tableaux modernes notamment, et la quasi totalité des affiches de Lautrec. Ces dernières sont utilisées comme "monnaie d'échange" contre des oeuvres qu'un musée communal comme celui-là ne pourrait jamais se faire prêter sans cela. C'est peut-être étonnant, mais le Musée d'Ixelles doit son succès au troc !

Et puis Bruxelles est très grande, on s'y perd plus facilement qu'ailleurs en Belgique. C'est un autre avantage. Se perdre dans une ville est le meilleur moyen de rencontrer l'inattendu. A Rome, c'est comme cela que je suis tombé nez à nez avec la colonne Trajan dont j'avais complètement oublié l'existence en dépit d'un cours à 90 heures sur l'art romain quelques mois plus tôt. Même s'il ne m'est rien arrivé de comparable à Bruxelles, le plaisir de marcher jusqu'au bout d'une rue inconnue juste pour découvrir quelle autre rue inconnue lui succède est en soi un loisir à part entière.

Bref, je me demande pourquoi la simple évocation d'Excellence sur un blog m'a propulsé mentalement à 100 kilomètres d'ici. Devrais-je y voir une pointe de nostalgie ? Peut-être bien. La nostalgie est l'oeuvre de la nature et l'automne en est incontestablement la saison. J'adore l'automne.

18:23 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (24) |  Facebook |

 

t40411020621501Pendant les quelques semaines de mon absence, il s'est passé pas mal de choses autour de nous. On a voté ... un peu comme on pouvait, faut bien le dire. Passée la première semaine où les scoops se sont succédés, annulés, escaladés parfois vulgairement, l'issue réelle du scrutin ("qui va gouverner où ?") se dessine enfin. Chez moi, à Liège, rien ne change... j'ai perdu mon temps dimanche dernier. Par contre - et la nouvelle me console vigoureusement - l'issue de la bataille namuroise a prouvé que l'on pouvait encore espérer de la démocratie quelques gifles correctrices... et quelques politiciennes couillues pour les adresser ! Autour d'Anselme, ça sent le souffre échaudé; l'allumette était passée une première fois sur la tranche du paquet au moment de l'accusation SOTEGEC, elle vient de repasser en cette fin d'élection synonyme d'éviction, reste à voir si les résultats de l'enquête dont il fait l'objet allumeront la mèche. La troisième est souvent la bonne.

Mais ce qui m'a surtout marqué dans cette dernière élection, c'est de voir à quel point notre système électoral flirte avec ses propres limites. Aujourd'hui, les partis forcent des majorités en s'unissant parfois, souvent, avec d'autres partis dont ils sont en principe l'antithèse, l'alternative ou l'opposant pur et dur. Qu'il s'agisse du PS avec le MR, du MR avec Ecolo, les contraires de toujours semblent de plus en plus ouverts l'un à l'autre quand le pouvoir est à la clé. Bon, d'accord, la première explication coule de source: comme les programmes des différents partis se ressemblent de plus en plus, il est de moins en moins étonnant que ces derniers s'acoquinent plus naturellement. Normal. Ok pour la théorie. N'empêche qu'en pratique, je me mets à la place des schaerbeekois de gauche qui ont voté écolo, je ne suis pas certain qu'ils apprécient tous la sauce turquoise à laquelle leurs 6 prochaines années vont être accommodées. Pareil pour tous les libéraux convaincus et bouffeurs de socialistes issus des nombreuses communes où le PS et le MR se sont associés pour régner. En somme, puisque les majorités absolues demeurent extraordinaires et que les partis sont contraints de s'unir souvent contre leur nature d'origine, à quoi cela rime-t-il encore d'avoir des convictions politiques ?

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