25/01/2007

le lendemain matin...

032_mdd_oumilenieC'est mercredi, il est un peu plus de 16h et le journal de ce midi me trotte dans la tête. Il y a des jours comme celui-ci où l'actualité est débridée, éparse, éclatée... Des jours où, par bonheur, l'on a droit à un peu plus qu'un seul débat monolitique dans la presse. Généralement une affaire de corruption dans le Hainaut, voire un Xième drame collatéral au Moyen-Orient. Personnellement, je préfère la diversité.

J'espère que vous comprendrez mon désintérêt total pour l'info numéro 1 du jour : les nouvelles accusations de dopage et de traffic de stupéfiants qui s'abattent sur Lefevere, alias Mister Clean dans le petit monde du cyclisme. Il faut quand même nuancer : on se souvient des 37.569.874 dernières affaires de dopage en 10 ans : il n'était jamais question que d'EPO, de globules rouges, etc. Au-delà de la pharmacie de base du cylciste lambda (donc EPO, globules, etc), on parle ici de cocaÏne, de speed, d'exctasy... (le pot belge ferait peur à pas mal de tox')Avouez que ça modifie un peu la donne. Sur tous les témoignages qui accablent Lefevere, deux seulement ne sont pas anonymes ( y a pas à dire, les cyclistes ont de toutes petites couilles NDLR). Le premier non-anonyme est un ex-dopé, le second purge actuellement une peine de prison. Sans commentaire... Comme Lefevere qui demande à la presse d'attendre 24h, le délai dont il dit avoir besoin pour prouver non seulement son innocence mais aussi la culpabilité de ses détracteurs, avant de les convier à une conférence de presse. Une nouvelle saga ?

En France, Ségolène m'ennuie. Je fais partie des gens qui hésitent à critiquer sa candidature, pour plusieurs raisons : La première, c'est que j'ai beaucoup de mal avec Sarko, ses méthodes, sa suffisance, sa conception monomaniaque du pouvoir, sa rhétorique de roquet et, surtout, son incapacité à adresser sa politique aux 40% de français qui, électoralement, ne l'intéressent pas ! En ce sens, je suis presque sûr que Ségolène vaut mieux que lui. Mais est-ce bien suffisant ? La seconde est que je suis curieux... Curieux mais sceptique, depuis le tout début, quant à ses motivations profondes. J'ai souvent l'impression que l'opportunité de poser sa candidature s'est présentée à elle un peu par hasard. Tout le reste relèverait du coup de foudre ou de la curiosité des Français (de leur envie ou besoin, aussi, de changer de cap !). Son physique expliquerait le coup de foudre, son sexe la curiosité. Mais au-delà de ces considérations fort peu politiques, peut-on revendiquer la présidence sans un réel projet de société ? Je veut bien croire qu'elle a un projet, mais je commence à trouver le temps long avant qu'elle ne le révèle, ne serait-ce qu'en partie. Enfin, troisième raison, j'hésite à critiquer Ségolène parce que j'ai hâte de voir une femme à la tête de la France. Je n'ai aucune raison valable, aucun argument, rien. J'ai en moi la conviction qu'une femme, presque par nature, dispose d'atouts innés pour réinsérer une once d'âme dans la vie politique. C'est naïf, je sais, mais j'ai quand même envie de voir. Sans refaire l'actualité, il faut avouer qu'elle a tendance, depuis quelques mois, à exciter davantage mes craintes que ma curiosité.

Pour terminer, sortons de l'actu. A la radio, ce matin, je suis tombé sur une émission consacrée aux jeunes enfants et à la musique. Tout en bossant, je me laissais bercer par les appels de parents émerveillés, par les avis experts des pédiatres et par les interruptions musicales doucereuses. Quand soudain, une horrible mère appela ! Vous voyez, le genre qui dépasse de très loin l'admiration naturelle et compréhensible d'une mère à son enfant. Je n'ai pu m'empêcher d'aussitôt détester sa progéniture pour les deux siècles à venir ! Amalgame stupide, je sais bien, mais je la tiens pour unique responsable de ce fourvoiement. La mère, pleine de suffisance dans la voix, affirma sans complexe, qu'à 5 ans à peine, son moutard avait déjà choisi son style musical. Et ce, insista-t-elle à répétition, " sans aucune intervention de la part de son père ou de moi, aucune influence ! ". Persuadé qu'elle pensait à Henri Dès ou Mamemo, j'attendais qu'elle en finisse ... Pas du tout, le gamin, son truc, c'est le jazz ! Duke Ellington, Coltrane, Herbie Hancock, pas des virtuoses en plus ! Attention, je ne suis pas en train de dire que le jazz doit rester la chasse gardée de tout ceux qui l'ont théorisé à défaut de pouvoir le danser. Pas du tout. Je ne demande qu'un tout petit peu de bon sens, a fortiori quand on s'exprime publiquement. Comment peut-on exhiber son aveuglement à ce point ? ¨Pourquoi cultiver en priorité les pires facettes de la maternité ? Enfanter implique-t-il nécessairement la perte de toute décence ? Ensuite, j'ai relativisé...

N'empêche, madame, qu'au même âge à peu près, Mozart était en tournée dans toute l'Europe, lui ! Pas sûr que je me serais entendu avec son père, à Mozart !


photo : comme quoi on peut avoir un fils balaise et pas trop la ramener !

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20/01/2007

Top 5

Friedrich TheTravellerAbovetheSeaofClouds1818A l'invitation de notre dévouée Boudlard, il faudrait que je vous révèle cinq informations personnelles que je serais le seul à connaître. Sans attendre davantage, je vous propose d'envoyer le premier scoop : je déteste ce genre de jeu ! (Notez, ça fait déjà 1sur 5). D'abord parce que je pourrais vous raconter n'importe quoi qui me rendrait éminement sympathique à vos petits yeux crédules. Ensuite, parce que si je conservais certaines vérités secrètes depuis des mois ou des années, ce ne serait certainement pas pour les donner en pâtures aux premiers Web Trotters venus. Sans déconner !

Pour le second scoop, je vous conseille de bien vous accrocher à vos slips, c'est du lourd, du croustillant, du décalé pimenté, de quoi tenir douze prime time sur TF1. Tadaaaam : Je suis gaucher ! Ca y est, c'est dit ! C'est complètement dingue hein ? Moi même j'en reviens à peine. Bon, faut bien avouer qu'à l'ère Azerty, ça n'a plus grand intérêt. D'autant que je n'ai aucune anecdote associée à cette lourde confession. On ne m'a jamais baffé pour que je devienne droitier, pas même un tout petit coup de latte à l'école comme mon grand-père. Je suis un gaucher épanoui jouissant d'une liberté totale. Un privilégié quoi. N'empêche, un coming out de cette envergure, c'est jamais facile.

En balançant mes deux meilleurs scoops d'entrée de jeu, je me rends compte que je vais ramer pour préserver un certain suspens et vous tenir en haleine jusqu'au cinquième. Heureusement, il me reste deux ou trois saloperies inavouables que je ne vais pas hésiter une seconde à vous révéler... Voilà, on m'a retiré un troisième testicule en novembre dernier. Pas un très gros, juste une belle petite couille quoi. Je n'ai pas tout de suite compris de quoi il s'agissait mais, vu l'endroit où elle se développait, je n'ai pas pu l'ignorer très longtemps. La malheureuse poussait discrêtement à la commissure de mes lèvres ! A partir d'un moment, le regard des autres m'a semblé changer. Comme si c'était rare ! Comme si ça n'arrivait à personne ! Mon boss, persuadé que j'avais chopé la fièvre aphteuse, insista pour que je la fasse retirer. J'ai d'abord tenté de négocier un congé de maladie à durée indéterminée (allez savoir quand elle aurait fini sa croissance!) mais devant son refus, j'ai pris un rendez-vous chez le toubib... Pire (voici le quatrième scoop) ! Quinze jours plus tard, un quatrième testicule germa entre mon majeur gauche son index. Celui-là m'inquiéta moins. D'abord parce que je commençais à m'habituer à l'éclosion spontanée d'attributs somme toute assez virils. Mais surtout parce que, situé à cet endroit et avec un brin d'habileté, je retrouvais les joies simples et sincères du yoyo ! Toute mon enfance... Evidemment, il m'a très vite posé de nouveaux problèmes sur lesquels je ne tient pas à m'attarder plus longtemps. Sachez seulement que l'accident qui survint par la suite restera gravé en moi à jamais, parole de guitariste...Vous noterez au passage que cet acharnement pathologique coïncide dans les chiffres à mon quotat de 5 scoops que je dois vous livrer ici, quelle aubaine ! Plus qu'un seul ...

Pour conclure, je ne vais pas vous parler de mon hydrocèle, la transition serait trop facile. D'ailleurs, quittons les préoccupations physiques un instant et allons chercher, pour le dernier scoop, quelque chose d'un rien plus psychologique, pour ne pas dire d'un rien plus fin (et ce sans me vanter). J'ai toujours eu beaucoup de mal à me livrer, à vider mon sac, à déballer publiquement ou en privé les choses que je ressens (sans quoi, aurais-je perdu deux paragraphes à vous promener dans un fantasme quasi-scatto ?). Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Il doit y avoir une part d'hérédité, une part seulement. Je me suis aussi dit que c'était parce que les choses qui me touchent me touchent précisément plus fort que la moyenne des gens. Peut-être bien, mais c'est difficilement vérifiable. Il y a probablement des tas de raisons qui peuvent expliquer l'inconfort que je ressens à exprimer clairement et directement ce qui me touche. Ca explique peut-être le nombre de sujets que j'ai consacré à la politique belge sur ce blog. Parce que justement, elle ne me touche qu'en surface. C'est le cas de la plupart de vos lectures par ici. Même s'ils m'énervent parfois, j'admire les blogs qui parviennent à traduire leur auteur, son quotidien, sa sensibilité. J'admire ceux et celles qui parlent d'eux ni trop ni trop peu. Pour ma part, j'ai souvent l'impression d'être dans l'excès, l'un ou l'autre. La plupart du temps, je parviens à laisser penser que ce qu'il se passe en moi est soit totalement dépourvu d'intérêt, soit totalement sous contrôle, soit totalement privé ! Le "totalement", c'est ma force de persuasion, c'est ce qui décourage mes proches d'insister, de poser trop de questions, c'est une barrière, un avertissement : "n'allez pas trop loin ou je ne réponds de rien."

Les plus persévérants, généralement, persévèrent et peuvent devenir des amis. Cela exige de leur part un tact certain et une honnêteté parfaite. Vraiment, je vous l'avoue tout cru, je ne suis pas quelqu'un de facile ! Je pense que ça suffira pour aujourd'hui...

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12/01/2007

Bonne année les petits...

lefauxsourire725ph
Bon, nous sommes le 11 janvier, on va pouvoir tout doucement recommencer à se parler normalement. Je veux dire sans se souhaiter du bonheur à tous les coins de rue, sans se taper les voeux superlatifs d'inconnus tout sourire, il était grand temps ! Aussi, je me suis demandé ce qui pouvait bien pousser les gens à se laisser ainsi aller à une telle bienveillance, presque suspecte, au terme de chaque année. Vous m'accorderez que l'être humain peut difficilement se vanter d'afficher une telle philantropie pendant les 11 autres mois et demi ! Non, vraiment, il y a dans tous ces voeux de Noël quelque chose d'anormal. Attention, je n'ai pas dit "surnaturel", que les ulbistes se rassurent. Métaphysique probablement, mais surnaturel, ça non.

Et si, au contraire, il fallait voir dans ces deux semaines bourrées de sentiments sirupeux un retour à notre état de nature ? Je m'explique. En regardant les 4 heures de l'année du zapping sur Canal ce dimanche, on ne pouvait décemment nier l'évidence : notre monde va mal, très mal, doublement mal. Il y a d'abord notre terre, dont l'extrême tolérance a fini par faire place à une rancoeur amer et légitime à notre égard. A l'évidence, l'époque très longue pendant laquelle elle encaissa sans broncher notre indifférence polluante est désormais derrière nous. L'heure est à l'addition et elle s'annonce salée.Et puis il y a les hommes qui, non contents d'avoir flingué la terre, continuent de s'en disputer les dernières resources. Ils sont comme ces ménagères qui, en 1990, rafflaient la farine et le sucre par kilos dans les GB, croyant que l'invasion de l'Irak annonçait une troisième guerre mondiale et le début d'une gigantesque pénurie. Nous en sommes presque là, mais en pire : plus de pétrole, plus beaucoup de gaz non plus (et pas tout près de chez nous qui plus est), pas des masses d'alternatives pour l'instant et pas davantage d'espoir de voir la situation s'améliorer prochainement. Du coup, comme notre plaisir d'automobiliste primaire se trouve menacé, nous nous ruons sur les 4X4 surtaxés, surassoiffés, super dangereux... et permettez moi d'ajouter super beauf, même si cela n'a rien à voir ici. Ca, c'est l'homme : "quoi, y a plus que trois bières dans le casier ? Donne m'en vite deux alors... " Vous voyez de quelle mentalité je veux parler ?

Soit, cela fait un moment que le monde tousse et que l'homme, secoué, s'accroche à ce qu'il peut. Personnellement, je n'ai pas trouvé le moindre motif de réjouissance dans ce récapitulatif lucide de 4 heures. Alors, continue-je à me demander, qu'est-ce qui peut bien nous pousser à être si plein de vie et d'espoir à l'arrivée des fêtes alors que le climat socio-économique incite plutôt à une bonne grosse dépression généralisée ? Qu'est-ce qui peut bien nous rendre si bégueules, presque cyniques, dans nos souhaits et nos voeux de fin d'année (Oui, je m'inclus dans la masse, je ne "veau" pas mieux qu'un autre) ?

Et bien je pense qu'il s'agit simplement d'un vieux trait de caractère humain. Un aspect fondamental de notre personnalité qu'on a de moins en moins le loisir d'épanouir sans se trouver en immédiate contradiction avec notre époque, notre monde. Je veux parler de notre irrépressible recours à l'irrationnel sitôt que la raison s'affole. C'est un peu comme si, épuisés par 11 mois de catastrophes humaines, écologiques et économiques, nous nous réfugions tous sans mot dire dans une bulle d'euphorie parfaitement injustifiée mais néanmoins vitale à notre équilibre naturel. Alors, pendant deux semaines, on décide d'oublier tout le malheur croissant. Mieux : on l'expie en deux temps.

Premier temps : Noël. D'ailleurs, d'années en années, on s'est aménagé un Noël parfaitement adapté à notre besoin de fuite irrationnelle. Au fur et à mesure que les choses se sont dégradées, nous nous sommes mis à consommer Noël. On se rue de plus en plus tôt dans des villes paralysées par la foule, on s'étouffe dans des Fnacs bondées, dans des GB compacts, on prétend détester ça et pourtant, on est de plus en plus à pratiquer le claquage de thune compulsif. Dépenser pour oublier. Consommer pour se réjouir. Bouffer trop, boire trop et rebouffer encore les lendemains pour ne plus penser, pour ne plus voir temporairement la misère du temps !

Deuxième temps : la nouvelle année. Bien lancés dans raid consumériste, échauffés par Noël, on remet le couvert une semaine plus tard. Avec en prime la litanie des bons voeux... Un peu, ça va, c'est la tradition. Mais pratiqué à l'excès, l'exercice de la bienveillance relève plus de la politique de l'Autruche que de l'altruisme chrétien. Notre biocalendrier s'est réveillé, on sait que cette période bénie d'insouciance touche à sa fin et nous, tétanisés à l'idée de se replonger pour un an dans le marécage mondial, on flippe comme des mômes à la veille d'une rentrée scolaire. Alors on en rajoute quelques ultimes couches, des "bonnes années", des "meilleurs voeux" et des sourires qui jaunissent avec les jours qui passent... Toutes les bonnes choses ont une fin !

Et si l'état de nature de l'humain était l'enfance, aveuglée, créative et irrationnelle ?



origine de la photo : http://lesgensdanslarue.hautetfort.com/archive/2006/03/index.html

15:07 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |