17/06/2009

So long Jamaica

olive_grossane

Que ce soit sur les ondes ou sur le net, les commentaires sur le nouvel olivier abondent, le plus souvent teintés d’amertume, voire de franche déception. Jean-Michel Javaux a d’ailleurs pu mesurer l’ampleur du mécontentement populaire en radio ce matin, où il était confronté aux questions des auditeurs de Matin Première. Pour la plupart des intervenants, le signal donné par Ecolo et le CDH s’accorde mal au résultat d’un scrutin qui traduisait largement la volonté de changement chez les électeurs wallons.

L’actuelle marée verte charrierait-elle les germes des dissensions  entre la gauche et la droite ? Cela semble évident. Si les francophones du pays ont manifestement intégré l’importance de l’enjeu écologique pour les générations à venir, le succès d’Ecolo s’explique aussi par le rejet massif d’une gauche contaminée par les affaires et d’une droite échouant à apparaître comme l’alternative la plus judicieuse à la mal-gouvernance. Il y a donc, parmi les électeurs verts, des déçus de la gauche peu enclins à basculer à droite et des sensibilités libérales que n’a pu happer le Mouvement Réformateur. C’est sans doute le constat qu’a dû dresser Javaux en déclarant ce matin qu’il ne pouvait plaire à tous ses électeurs.

A quoi faut-il s’attendre maintenant ?  Dans un premier temps, l’olivier va se réunir à l’abri des micros pour dresser la liste des priorités de chacun, c’est ce qu’a déclaré Jean-Michel Javaux ce matin. On est en droit de penser qu’un sixième axe « développement durable » sera rapidement greffé au plan Marchall, sur lequel le PS a certainement déjà donné un feu vert de principe. Dans le cas contraire, les écolos auraient-il pu choisir le PS ? Je ne le crois pas.

La vraie question concerne évidemment la bonne gouvernance : comment concilier la réalité des affaires qui s’abattent sur le PS avec une régularité obsédante et les objectifs éthiques des écolos en la matière ?  En d’autre termes, Elio Di Rupo a-t-il suffisamment de contrôle sur les gros bras du parti pour satisfaire aux exigences de Durant et Javaux ? Acceptera-t-il les propositions du CDH et d’Ecolo sur le cumul des mandats ? Parviendra-t-il à écarter les fraudeurs du PS avant que de nouvelles affaires s’en chargent pour lui, ruinant ainsi ce qu’il reste de confiance chez les électeurs ? Autant de questions cruciales pour le PS, mais aussi pour Ecolo qui, paradoxalement, a pris un risque énorme en choisissant de s’unir avec le premier parti wallon.

10:28 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |