25/01/2007

le lendemain matin...

032_mdd_oumilenieC'est mercredi, il est un peu plus de 16h et le journal de ce midi me trotte dans la tête. Il y a des jours comme celui-ci où l'actualité est débridée, éparse, éclatée... Des jours où, par bonheur, l'on a droit à un peu plus qu'un seul débat monolitique dans la presse. Généralement une affaire de corruption dans le Hainaut, voire un Xième drame collatéral au Moyen-Orient. Personnellement, je préfère la diversité.

J'espère que vous comprendrez mon désintérêt total pour l'info numéro 1 du jour : les nouvelles accusations de dopage et de traffic de stupéfiants qui s'abattent sur Lefevere, alias Mister Clean dans le petit monde du cyclisme. Il faut quand même nuancer : on se souvient des 37.569.874 dernières affaires de dopage en 10 ans : il n'était jamais question que d'EPO, de globules rouges, etc. Au-delà de la pharmacie de base du cylciste lambda (donc EPO, globules, etc), on parle ici de cocaÏne, de speed, d'exctasy... (le pot belge ferait peur à pas mal de tox')Avouez que ça modifie un peu la donne. Sur tous les témoignages qui accablent Lefevere, deux seulement ne sont pas anonymes ( y a pas à dire, les cyclistes ont de toutes petites couilles NDLR). Le premier non-anonyme est un ex-dopé, le second purge actuellement une peine de prison. Sans commentaire... Comme Lefevere qui demande à la presse d'attendre 24h, le délai dont il dit avoir besoin pour prouver non seulement son innocence mais aussi la culpabilité de ses détracteurs, avant de les convier à une conférence de presse. Une nouvelle saga ?

En France, Ségolène m'ennuie. Je fais partie des gens qui hésitent à critiquer sa candidature, pour plusieurs raisons : La première, c'est que j'ai beaucoup de mal avec Sarko, ses méthodes, sa suffisance, sa conception monomaniaque du pouvoir, sa rhétorique de roquet et, surtout, son incapacité à adresser sa politique aux 40% de français qui, électoralement, ne l'intéressent pas ! En ce sens, je suis presque sûr que Ségolène vaut mieux que lui. Mais est-ce bien suffisant ? La seconde est que je suis curieux... Curieux mais sceptique, depuis le tout début, quant à ses motivations profondes. J'ai souvent l'impression que l'opportunité de poser sa candidature s'est présentée à elle un peu par hasard. Tout le reste relèverait du coup de foudre ou de la curiosité des Français (de leur envie ou besoin, aussi, de changer de cap !). Son physique expliquerait le coup de foudre, son sexe la curiosité. Mais au-delà de ces considérations fort peu politiques, peut-on revendiquer la présidence sans un réel projet de société ? Je veut bien croire qu'elle a un projet, mais je commence à trouver le temps long avant qu'elle ne le révèle, ne serait-ce qu'en partie. Enfin, troisième raison, j'hésite à critiquer Ségolène parce que j'ai hâte de voir une femme à la tête de la France. Je n'ai aucune raison valable, aucun argument, rien. J'ai en moi la conviction qu'une femme, presque par nature, dispose d'atouts innés pour réinsérer une once d'âme dans la vie politique. C'est naïf, je sais, mais j'ai quand même envie de voir. Sans refaire l'actualité, il faut avouer qu'elle a tendance, depuis quelques mois, à exciter davantage mes craintes que ma curiosité.

Pour terminer, sortons de l'actu. A la radio, ce matin, je suis tombé sur une émission consacrée aux jeunes enfants et à la musique. Tout en bossant, je me laissais bercer par les appels de parents émerveillés, par les avis experts des pédiatres et par les interruptions musicales doucereuses. Quand soudain, une horrible mère appela ! Vous voyez, le genre qui dépasse de très loin l'admiration naturelle et compréhensible d'une mère à son enfant. Je n'ai pu m'empêcher d'aussitôt détester sa progéniture pour les deux siècles à venir ! Amalgame stupide, je sais bien, mais je la tiens pour unique responsable de ce fourvoiement. La mère, pleine de suffisance dans la voix, affirma sans complexe, qu'à 5 ans à peine, son moutard avait déjà choisi son style musical. Et ce, insista-t-elle à répétition, " sans aucune intervention de la part de son père ou de moi, aucune influence ! ". Persuadé qu'elle pensait à Henri Dès ou Mamemo, j'attendais qu'elle en finisse ... Pas du tout, le gamin, son truc, c'est le jazz ! Duke Ellington, Coltrane, Herbie Hancock, pas des virtuoses en plus ! Attention, je ne suis pas en train de dire que le jazz doit rester la chasse gardée de tout ceux qui l'ont théorisé à défaut de pouvoir le danser. Pas du tout. Je ne demande qu'un tout petit peu de bon sens, a fortiori quand on s'exprime publiquement. Comment peut-on exhiber son aveuglement à ce point ? ¨Pourquoi cultiver en priorité les pires facettes de la maternité ? Enfanter implique-t-il nécessairement la perte de toute décence ? Ensuite, j'ai relativisé...

N'empêche, madame, qu'au même âge à peu près, Mozart était en tournée dans toute l'Europe, lui ! Pas sûr que je me serais entendu avec son père, à Mozart !


photo : comme quoi on peut avoir un fils balaise et pas trop la ramener !

12:29 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

20/01/2007

Top 5

Friedrich TheTravellerAbovetheSeaofClouds1818A l'invitation de notre dévouée Boudlard, il faudrait que je vous révèle cinq informations personnelles que je serais le seul à connaître. Sans attendre davantage, je vous propose d'envoyer le premier scoop : je déteste ce genre de jeu ! (Notez, ça fait déjà 1sur 5). D'abord parce que je pourrais vous raconter n'importe quoi qui me rendrait éminement sympathique à vos petits yeux crédules. Ensuite, parce que si je conservais certaines vérités secrètes depuis des mois ou des années, ce ne serait certainement pas pour les donner en pâtures aux premiers Web Trotters venus. Sans déconner !

Pour le second scoop, je vous conseille de bien vous accrocher à vos slips, c'est du lourd, du croustillant, du décalé pimenté, de quoi tenir douze prime time sur TF1. Tadaaaam : Je suis gaucher ! Ca y est, c'est dit ! C'est complètement dingue hein ? Moi même j'en reviens à peine. Bon, faut bien avouer qu'à l'ère Azerty, ça n'a plus grand intérêt. D'autant que je n'ai aucune anecdote associée à cette lourde confession. On ne m'a jamais baffé pour que je devienne droitier, pas même un tout petit coup de latte à l'école comme mon grand-père. Je suis un gaucher épanoui jouissant d'une liberté totale. Un privilégié quoi. N'empêche, un coming out de cette envergure, c'est jamais facile.

En balançant mes deux meilleurs scoops d'entrée de jeu, je me rends compte que je vais ramer pour préserver un certain suspens et vous tenir en haleine jusqu'au cinquième. Heureusement, il me reste deux ou trois saloperies inavouables que je ne vais pas hésiter une seconde à vous révéler... Voilà, on m'a retiré un troisième testicule en novembre dernier. Pas un très gros, juste une belle petite couille quoi. Je n'ai pas tout de suite compris de quoi il s'agissait mais, vu l'endroit où elle se développait, je n'ai pas pu l'ignorer très longtemps. La malheureuse poussait discrêtement à la commissure de mes lèvres ! A partir d'un moment, le regard des autres m'a semblé changer. Comme si c'était rare ! Comme si ça n'arrivait à personne ! Mon boss, persuadé que j'avais chopé la fièvre aphteuse, insista pour que je la fasse retirer. J'ai d'abord tenté de négocier un congé de maladie à durée indéterminée (allez savoir quand elle aurait fini sa croissance!) mais devant son refus, j'ai pris un rendez-vous chez le toubib... Pire (voici le quatrième scoop) ! Quinze jours plus tard, un quatrième testicule germa entre mon majeur gauche son index. Celui-là m'inquiéta moins. D'abord parce que je commençais à m'habituer à l'éclosion spontanée d'attributs somme toute assez virils. Mais surtout parce que, situé à cet endroit et avec un brin d'habileté, je retrouvais les joies simples et sincères du yoyo ! Toute mon enfance... Evidemment, il m'a très vite posé de nouveaux problèmes sur lesquels je ne tient pas à m'attarder plus longtemps. Sachez seulement que l'accident qui survint par la suite restera gravé en moi à jamais, parole de guitariste...Vous noterez au passage que cet acharnement pathologique coïncide dans les chiffres à mon quotat de 5 scoops que je dois vous livrer ici, quelle aubaine ! Plus qu'un seul ...

Pour conclure, je ne vais pas vous parler de mon hydrocèle, la transition serait trop facile. D'ailleurs, quittons les préoccupations physiques un instant et allons chercher, pour le dernier scoop, quelque chose d'un rien plus psychologique, pour ne pas dire d'un rien plus fin (et ce sans me vanter). J'ai toujours eu beaucoup de mal à me livrer, à vider mon sac, à déballer publiquement ou en privé les choses que je ressens (sans quoi, aurais-je perdu deux paragraphes à vous promener dans un fantasme quasi-scatto ?). Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Il doit y avoir une part d'hérédité, une part seulement. Je me suis aussi dit que c'était parce que les choses qui me touchent me touchent précisément plus fort que la moyenne des gens. Peut-être bien, mais c'est difficilement vérifiable. Il y a probablement des tas de raisons qui peuvent expliquer l'inconfort que je ressens à exprimer clairement et directement ce qui me touche. Ca explique peut-être le nombre de sujets que j'ai consacré à la politique belge sur ce blog. Parce que justement, elle ne me touche qu'en surface. C'est le cas de la plupart de vos lectures par ici. Même s'ils m'énervent parfois, j'admire les blogs qui parviennent à traduire leur auteur, son quotidien, sa sensibilité. J'admire ceux et celles qui parlent d'eux ni trop ni trop peu. Pour ma part, j'ai souvent l'impression d'être dans l'excès, l'un ou l'autre. La plupart du temps, je parviens à laisser penser que ce qu'il se passe en moi est soit totalement dépourvu d'intérêt, soit totalement sous contrôle, soit totalement privé ! Le "totalement", c'est ma force de persuasion, c'est ce qui décourage mes proches d'insister, de poser trop de questions, c'est une barrière, un avertissement : "n'allez pas trop loin ou je ne réponds de rien."

Les plus persévérants, généralement, persévèrent et peuvent devenir des amis. Cela exige de leur part un tact certain et une honnêteté parfaite. Vraiment, je vous l'avoue tout cru, je ne suis pas quelqu'un de facile ! Je pense que ça suffira pour aujourd'hui...

14:32 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

12/01/2007

Bonne année les petits...

lefauxsourire725ph
Bon, nous sommes le 11 janvier, on va pouvoir tout doucement recommencer à se parler normalement. Je veux dire sans se souhaiter du bonheur à tous les coins de rue, sans se taper les voeux superlatifs d'inconnus tout sourire, il était grand temps ! Aussi, je me suis demandé ce qui pouvait bien pousser les gens à se laisser ainsi aller à une telle bienveillance, presque suspecte, au terme de chaque année. Vous m'accorderez que l'être humain peut difficilement se vanter d'afficher une telle philantropie pendant les 11 autres mois et demi ! Non, vraiment, il y a dans tous ces voeux de Noël quelque chose d'anormal. Attention, je n'ai pas dit "surnaturel", que les ulbistes se rassurent. Métaphysique probablement, mais surnaturel, ça non.

Et si, au contraire, il fallait voir dans ces deux semaines bourrées de sentiments sirupeux un retour à notre état de nature ? Je m'explique. En regardant les 4 heures de l'année du zapping sur Canal ce dimanche, on ne pouvait décemment nier l'évidence : notre monde va mal, très mal, doublement mal. Il y a d'abord notre terre, dont l'extrême tolérance a fini par faire place à une rancoeur amer et légitime à notre égard. A l'évidence, l'époque très longue pendant laquelle elle encaissa sans broncher notre indifférence polluante est désormais derrière nous. L'heure est à l'addition et elle s'annonce salée.Et puis il y a les hommes qui, non contents d'avoir flingué la terre, continuent de s'en disputer les dernières resources. Ils sont comme ces ménagères qui, en 1990, rafflaient la farine et le sucre par kilos dans les GB, croyant que l'invasion de l'Irak annonçait une troisième guerre mondiale et le début d'une gigantesque pénurie. Nous en sommes presque là, mais en pire : plus de pétrole, plus beaucoup de gaz non plus (et pas tout près de chez nous qui plus est), pas des masses d'alternatives pour l'instant et pas davantage d'espoir de voir la situation s'améliorer prochainement. Du coup, comme notre plaisir d'automobiliste primaire se trouve menacé, nous nous ruons sur les 4X4 surtaxés, surassoiffés, super dangereux... et permettez moi d'ajouter super beauf, même si cela n'a rien à voir ici. Ca, c'est l'homme : "quoi, y a plus que trois bières dans le casier ? Donne m'en vite deux alors... " Vous voyez de quelle mentalité je veux parler ?

Soit, cela fait un moment que le monde tousse et que l'homme, secoué, s'accroche à ce qu'il peut. Personnellement, je n'ai pas trouvé le moindre motif de réjouissance dans ce récapitulatif lucide de 4 heures. Alors, continue-je à me demander, qu'est-ce qui peut bien nous pousser à être si plein de vie et d'espoir à l'arrivée des fêtes alors que le climat socio-économique incite plutôt à une bonne grosse dépression généralisée ? Qu'est-ce qui peut bien nous rendre si bégueules, presque cyniques, dans nos souhaits et nos voeux de fin d'année (Oui, je m'inclus dans la masse, je ne "veau" pas mieux qu'un autre) ?

Et bien je pense qu'il s'agit simplement d'un vieux trait de caractère humain. Un aspect fondamental de notre personnalité qu'on a de moins en moins le loisir d'épanouir sans se trouver en immédiate contradiction avec notre époque, notre monde. Je veux parler de notre irrépressible recours à l'irrationnel sitôt que la raison s'affole. C'est un peu comme si, épuisés par 11 mois de catastrophes humaines, écologiques et économiques, nous nous réfugions tous sans mot dire dans une bulle d'euphorie parfaitement injustifiée mais néanmoins vitale à notre équilibre naturel. Alors, pendant deux semaines, on décide d'oublier tout le malheur croissant. Mieux : on l'expie en deux temps.

Premier temps : Noël. D'ailleurs, d'années en années, on s'est aménagé un Noël parfaitement adapté à notre besoin de fuite irrationnelle. Au fur et à mesure que les choses se sont dégradées, nous nous sommes mis à consommer Noël. On se rue de plus en plus tôt dans des villes paralysées par la foule, on s'étouffe dans des Fnacs bondées, dans des GB compacts, on prétend détester ça et pourtant, on est de plus en plus à pratiquer le claquage de thune compulsif. Dépenser pour oublier. Consommer pour se réjouir. Bouffer trop, boire trop et rebouffer encore les lendemains pour ne plus penser, pour ne plus voir temporairement la misère du temps !

Deuxième temps : la nouvelle année. Bien lancés dans raid consumériste, échauffés par Noël, on remet le couvert une semaine plus tard. Avec en prime la litanie des bons voeux... Un peu, ça va, c'est la tradition. Mais pratiqué à l'excès, l'exercice de la bienveillance relève plus de la politique de l'Autruche que de l'altruisme chrétien. Notre biocalendrier s'est réveillé, on sait que cette période bénie d'insouciance touche à sa fin et nous, tétanisés à l'idée de se replonger pour un an dans le marécage mondial, on flippe comme des mômes à la veille d'une rentrée scolaire. Alors on en rajoute quelques ultimes couches, des "bonnes années", des "meilleurs voeux" et des sourires qui jaunissent avec les jours qui passent... Toutes les bonnes choses ont une fin !

Et si l'état de nature de l'humain était l'enfance, aveuglée, créative et irrationnelle ?



origine de la photo : http://lesgensdanslarue.hautetfort.com/archive/2006/03/index.html

15:07 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

22/12/2006

Opéra-bouffe

3_liege_operaHier soir, j'ai assisté à l'avant-pemière d'Orphée aux Enfers à l'Opéra de Liège. J'ai mis un peu de temps à comprendre que l'appellation "avant-première" signifiait en réalité "répétition générale", ce qui ne devait pas changer grand chose puisque l'Opéra était plein à craquer. Sans jouer à la proute parisienne, je dois quand même dire que l'aspect "dernière répétition" était perceptible. La gestion de l'espace scénique par les danseurs, par exemple, devra être retravaillée aujourd'hui afin d'éviter un french can-can volant ce soir !

Offenbach fut l'un des premiers à dynamiser l'Opéra-bouffe en n'hésitant jamais à défaire quelque peu la mythologie. Il avait l'habitude d'ajouter aux récits classiques des allusions contemporaines qui parlaient au public et déclenchaient souvent rires et applaudissements. C'est aussi ce qu'ont essayé de faire Frédéric Roels et Claire Servais avec un succès mitigé. Adjoindre au personnage de l'Opinion publique une équipe de caméras renforcait évidemment le caractère actuel du propos. Mais fallait-il truffer le spectacle l'interjections wallonnes et de petites feintes parfois inaudibles pour autant ? Pourquoi pas ....

La touche humoristique wallonne aurait sans doute mieux fonctionné si les artistes s'étaient adressés à un public populaire plus habitués au théâtre wallon. Ici, chez les costards, j'ai eu le sentiment que la plupart des gags tombaient à plat dans un silence de mort. Personnellement, j'ai trouvé ça un peu triste dans la mesure où le but d'une telle adaptation d'Offenbach était clairement d'égayer la foule, de la faire battre des mains et se taper très fort les cuisses. Ce qui fut très peu le cas, malgré un final en apothéose au milieu des enfers.

Je suis sorti de l'Opéra avec un sentiment que j'éprouve souvent après ce type de spectacle. On sent bien les efforts des professionnels pour populariser l'Opéra, le rendre accessible et agréable pour un grand nombre. En cette période de Noël, le choix d'Offenbach devait permettre de s'adresser à un public sans doute moins éduqué à cet art. Un bien beau pari, je l'avoue. Mais, comme pour un récent "Mariage de Figaro" à la Monnaie, je suis très sceptique quant au pouvoir de séduction d'un tel spectacle sur un public peu rompu à l'exercice. En revanche, les vrais amateurs, les connaisseurs passionnés (je ne suis ni l'un ni l'autre) risquent d'avaler de travers les énormes ficelles "comiques" plâtrées sur l'original.

Au bout du compte, l'Opéra était blindé, plus une seule place disponible. On conclura donc en parlant de succès public, indubitablement. Je garde néanmoins l'impression que l'Opéra reste un art fort délicat à populariser. Je me dis qu'une petite éducation à cette discipline (via les médias, l'enseignement, ...) permettrait de donner au public quelques clés de compréhension sommaires et éviterait l'ajout parfois artificiel de gags lourdeaux à vocation popularisante.


Un très joyeux Noël à vous tous !

Artatum

12:17 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

14/12/2006

Le 11 septembre Belge est tombé un 13 décembre !

mannekenSi vous aviez vu ma tête hier soir, vous auriez de suite compris que je ne faisais pas partie des 5% de Belges (mythomanes;) qui ont flairé la supercherie de la RTBF depuis le tout début ! Au contraire, j'ai bien marché. Je regardais Defossé introduire son sujet (excusez la tournure de phrase) quand l'image s'est brouillée. Dans une grisaille impossible, j'ai reconnu François De Brigode en pleine séance de maquillage, son micro était déjà branché, on entendait quelqu'un lui annoncer qu'il est à l'antenne, les projos s'allument d'un coup : "Mesdames, messieurs bonsoir, on vient de recevoir la nouvelle officielle : la Flandre vient à l'instant de déclarer son indépendance unilatéralement !"

Je ne sais pas pour ceux qui ont rejoint la Une après moi, mais je vous assure que les 5 premières minutes du direct avaient une intensité sinon plus forte, au moins comparable à l'édition spéciale du 11 septembre. Je ne voulais pas y croire mais plus le temps passait et plus la nouvelle amplifiait, plus l'hypothèse du gag télévisé perdait en crédibilité: ils n'oseraient pas ! Et puis tous les téléphones se sont mis à sonner en même temps autour de moi, comme si toute la Belgique voulait s'assurer qu'elle ne rêvait pas. J'ai quand même relevé un élément qui prouvait avec certitude que tout cela n'était que pure fiction : RTL continuait à diffuser je ne sais quelle série américaine, dans l'indifférence générale. Ca, ce n'était absolument pas logique ! Pourtant, je restais tendu, rivé à l'écran, je ne comprenais pas et, en même temps, comment contredire une RTBF entièrement mobilisée pour l'occasion ?

Ensuite, un ami m'a téléphoné. Son père avait entendu à la radio que l'équipe de "Tout ça ne nous rendra pas le Congo" préparait un gros coup le soir même sur la Une. (En fin d'émission, De Brigode a d'ailleurs froidement rappelé que TOUTES les équipes de la RTBF avaient contribué à la réalisation de ce docu-fiction). J'ai soufflé en reconnaissant le logo en haut à gauche. Je le regardais depuis le début mais mon cerveau refusait de comprendre l'arnaque, comme si ça lui plaisait d'y croire, comme si, d'une certaine manière, je devais aller au bout de ce scénario tragique pour me tester, moi, face à cette réalité.

Une fois la fiction révélée, la soirée a perdu en intensité, forcément, mais l'essentiel était acquis. En 20 minutes d'incrédulité, des milliers de questions inédites m'ont perforé la tête. Ma première réaction fut la déception de voir crever la Belgique de cette manière, tout de suite suivie d'un violent dégoût par rapport aux premières réactions politiques : on nous montre Happart au téléphone alors qu'on attend Verhofstadt, Di Rupo, Leterme, le roi, quelqu'un dont l'avis compte quoi ! En tous cas, pas un ènième prétendant au titre de "freak of the year" sur youtube.

A force de voir la RTBF jouer avec le dos de la cuillère, on avait oublié qu'elle se démerdait pas mal au bulldozer non plus. 51% des sondés se disent choqués par la méthode employée. Je suis d'accord avec eux. J'ai été choqué mais c'est je crois la raison pour laquelle j'ai pu reconsidérer à ce point ma conception de la Belgique : On naît Belge, on vit avec notre nationalité comme un acquis et jamais plus on ne s'interroge sur ce que ça implique concrêtement. Si le but de la RTBF était de bousculer notre confortable paresse intellectuelle, je trouve qu'ils ont eu raison d'y aller aussi fort. L'idée ne pouvait fonctionner que comme ça. Hier, on a tous flippé, on s'est tous fait notre sale petit film mentalement, on s'est tous projeté dans un futur chaotique et incertain. Je crois qu'on en avait besoin. En espérant que cela en fera réfléchir d'autres, à commencer par nos princes qui, à eux seuls, compromettent franchement l'avenir du mot Belgique.

13:18 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

08/11/2006

tu quoque fili !

charlotte


Est-il plus courageux pour Axel Merckx de faire un tour de France ou pour Charlotte Gainsbourg de sortir un album ?

16:04 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

17/10/2006

Automne

magritte1En me promenant dans vos blogs ce midi, j'ai retrouvé ma curiosité d'il y a quelques mois. Je m'étais mis à m'interroger sur le pourquoi de ces petits espaces publics sur le net, me demandant même si tous les blogs - et surtout les meilleurs - n'étaient pas finalement condamnés à dériver vers l'issue la plus évidente de toute entreprise humaine: la médiocrité (dans son sens étymologique svp, je ne veux pas exagérer) ! C'est pour cette raison notamment que je me suis fait plus rare par ici. En cela, je suis loin d'être le seul, je m'en suis aperçu en remontant le temps sur quelques blogs-amis.

Et puis, parfois, l'inspiration revient ! De nulle part ou de très près, je suis bien incapable de vous le dire. C'est une affaire de disposition je crois, une question d'état d'âme ou d'esprit, une propension à se laisser toucher par des détails, de petites choses qui, en vous égratignant, font un peu de lumière sur votre mémoire. Ca vient de m'arriver, sur le blog d'Alyzarine(.skynetlogs.be). En lisant son quotidien choisi, c'est toute la ville de Bruxelles qui m'a sauté au visage ! C'est elle, Bruxelles, qui fit mon éducation de jeune adulte. La campagne m'avait fait voir les plus belles facettes de l'enfance; que Liège avait ensuite empoisonnées à la demande inconsciente de mon adolescence.

C'est au contact des villes tentaculaires que se révèle le pouvoir hallucinatoire de nos campagnes...

Je dois beaucoup à Bruxelles, et cela en dépit de tout ce que j'ai pu lui reprocher par le passé: le peu de cohésion de ses indigènes, son laxisme architectural, son statut de "gros lot" pour la communauté qui parviendra la première à s'en emparer... Toutes ces choses sans lesquelles Liège aurait pu ne jamais me manquer. Ce que les mots d'Alyzarine m'ont rappelé (au-delà du culte de la drague snobino-criarde contre laquelle aucun sexe n'est à l'abris dans cette région), ce sont les lieux-vivants qui jalonnent Bruxelles. Elle cite Excellence, sorte de temple du cinéma à louer et vénéré par des générations entières de cinéphiles noctambules. Dans ma mémoire bruxelloise, Excellence, mais surtout le musée du cinéma, ont durablement élu domicile. A côté d'eux s'est installé depuis longtemps le Musée d'Ixelles, mon petit Louvre personnel... Mais en mieux. Je veux dire sans les files, sans les 4 ou 5 couches de Japonnais devant les jolies oeuvres, sans les crampes à la moitié du parcours, sans l'avalanche de chef d'oeuvres mètre après mètre qui finissent par tous se valoir à mes yeux fatigués. Trop de chefs d'oeuvre tuent le chef d'oeuvre ! A Ixelles, il y en a quelques-uns, juste ce qu'il faut, de magnifiques tableaux modernes notamment, et la quasi totalité des affiches de Lautrec. Ces dernières sont utilisées comme "monnaie d'échange" contre des oeuvres qu'un musée communal comme celui-là ne pourrait jamais se faire prêter sans cela. C'est peut-être étonnant, mais le Musée d'Ixelles doit son succès au troc !

Et puis Bruxelles est très grande, on s'y perd plus facilement qu'ailleurs en Belgique. C'est un autre avantage. Se perdre dans une ville est le meilleur moyen de rencontrer l'inattendu. A Rome, c'est comme cela que je suis tombé nez à nez avec la colonne Trajan dont j'avais complètement oublié l'existence en dépit d'un cours à 90 heures sur l'art romain quelques mois plus tôt. Même s'il ne m'est rien arrivé de comparable à Bruxelles, le plaisir de marcher jusqu'au bout d'une rue inconnue juste pour découvrir quelle autre rue inconnue lui succède est en soi un loisir à part entière.

Bref, je me demande pourquoi la simple évocation d'Excellence sur un blog m'a propulsé mentalement à 100 kilomètres d'ici. Devrais-je y voir une pointe de nostalgie ? Peut-être bien. La nostalgie est l'oeuvre de la nature et l'automne en est incontestablement la saison. J'adore l'automne.

18:23 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (24) |  Facebook |

 

t40411020621501Pendant les quelques semaines de mon absence, il s'est passé pas mal de choses autour de nous. On a voté ... un peu comme on pouvait, faut bien le dire. Passée la première semaine où les scoops se sont succédés, annulés, escaladés parfois vulgairement, l'issue réelle du scrutin ("qui va gouverner où ?") se dessine enfin. Chez moi, à Liège, rien ne change... j'ai perdu mon temps dimanche dernier. Par contre - et la nouvelle me console vigoureusement - l'issue de la bataille namuroise a prouvé que l'on pouvait encore espérer de la démocratie quelques gifles correctrices... et quelques politiciennes couillues pour les adresser ! Autour d'Anselme, ça sent le souffre échaudé; l'allumette était passée une première fois sur la tranche du paquet au moment de l'accusation SOTEGEC, elle vient de repasser en cette fin d'élection synonyme d'éviction, reste à voir si les résultats de l'enquête dont il fait l'objet allumeront la mèche. La troisième est souvent la bonne.

Mais ce qui m'a surtout marqué dans cette dernière élection, c'est de voir à quel point notre système électoral flirte avec ses propres limites. Aujourd'hui, les partis forcent des majorités en s'unissant parfois, souvent, avec d'autres partis dont ils sont en principe l'antithèse, l'alternative ou l'opposant pur et dur. Qu'il s'agisse du PS avec le MR, du MR avec Ecolo, les contraires de toujours semblent de plus en plus ouverts l'un à l'autre quand le pouvoir est à la clé. Bon, d'accord, la première explication coule de source: comme les programmes des différents partis se ressemblent de plus en plus, il est de moins en moins étonnant que ces derniers s'acoquinent plus naturellement. Normal. Ok pour la théorie. N'empêche qu'en pratique, je me mets à la place des schaerbeekois de gauche qui ont voté écolo, je ne suis pas certain qu'ils apprécient tous la sauce turquoise à laquelle leurs 6 prochaines années vont être accommodées. Pareil pour tous les libéraux convaincus et bouffeurs de socialistes issus des nombreuses communes où le PS et le MR se sont associés pour régner. En somme, puisque les majorités absolues demeurent extraordinaires et que les partis sont contraints de s'unir souvent contre leur nature d'origine, à quoi cela rime-t-il encore d'avoir des convictions politiques ?

09:56 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/09/2006

Jeudi dernier

Ce matin, alors que je m'éveille mollement devant ma boîte à emails qui regorge une fois de plus de laïus viraux pro-viagra, mon téléphone sonne. A l'autre bout du fil - enfin, on se comprend - mon boss ! Pour bien vous faire comprendre la suite, je devrais probablement vous détailler la conversation parfaitement pragmatique et univoque qui se construit pendant près de dix minutes, mais je n'ai pas le droit. Peu importe, résumons : le boss parle, informe, projette, suggère et ordonne. Ensuite, d'un toujours très pragmatique "ok?", Boss s'assure non pas que tu l'as bien compris mais que tu vas t'y mettre dans la seconde, que ta main droite bosse déjà frénétiquement pendant que la gauche s'apprête à raccrocher le téléphone. C'est le matin, je suis assez éveillé pour feindre la pro-activité, enfin je crois. En gros, les tâches sont lourdes, je prévois qu'elles seront longues, mais pas fondamentalement chiantes, on a vu pire.

Six minutes plus tard... le téléphone sonne ! Boss. "Alors, tu en es où ?" - Je n'ai pas pour habitude de m'énerver avant 10h30 - 11h, je n'y arrive pas bien. "J'avance, Boss, j'avance". Il me répond que c'est bien, qu'il me fait confiance de toutes façons, et que, si je veux bien, je peux jeter un oeil aux tâches subalternes qu'il a vicieusement confiées à nos deux stagiaires, vraisemblablement durant l'intervalle de six minutes. Histoire de ne pas rentrer dans les détails soporifiques des tâches en question, je me bornerai à vous apprendre que nous n'avons plus qu'un seul stagiaire, le second ayant craqué moins d'une heure plus tard... Bref, je lui susurre gentiment que je veux bien moi, Boss, mais qu'entre le four et le moulin il y a du chemin, que ça va pas m'aider à boucler ses projets dans les délais. Soit.

Un rien plus tard, et je dis bien "un rien", un nouveau mail arrive. Ce qu'il y a de bien, avec Boss, c'est qu'il n'exagère jamais. Quand il vient de t'appeler coup sur coup pour te filer une quantité de boulot à déprimer un flamand sous speed, il ne va pas te rappeler pour repasser une couche... il va plutôt t'envoyer un mail ! Histoire de brouiller des pistes déjà franchement confuses, il intitule son mail "Priority". Alors, c'est à vous (enfin à moi) de savoir si cette nouvelle priorité est plus prioritaire que la priorité précédente qui elle-même vient tout juste de supplanter une autre priorité d'avant-hier. Et je ne parle ici que des priorités qu'il a nommé comme telles, je vous passe donc gracieusement ses "suggestions" qui font alors figure de gentilles plaisanteries. Mais je tiens à rester honnête et à reconnaître chez Boss une qualité que tous n'ont pas: l'humour. A la fin du mail, un post scriptum me soulage directement: "P.S. Je compte sur toi pour déléguer ces tâches en fonction du planning de chacun au bureau. A+". Bon, mes collègues sont les suivant: W. est à Londres en ce moment, il est injoignable. A. est toujours en vacances et P. n'est pas là cette semaine non plus. Au bureau, il avait 2 stagiaires (reste un) et moi. Une fois ce rapide calcul effectué, je comprends la finesse de la blague... et toute ma détresse.

11:45 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

06/09/2006

En parcourant le Soir

En lisant Le Soir ce matin, je me suis dit que plusieurs articles mériteraient un commentaire sur cette page. Encore fallait-il que je me motive à décortiquer l'un d'entre eux, un travail assez astreignant pour quelqu'un en manque évident de sommeil... J'ai donc décidé de vous concocter une grosse boulette (liégeoise) avec tout ça, bon appétit.

J'ai tout de suite envie de vous dispenser des trois premières pages consacrées au cas "Philippe". Que la Flandre n'en veuille pas ne peut plus vraiment nous étonner à ce stade avancé de merdier communautaire. Que les wallons s'en tamponnent joyeusement me semble aussi tout à fait dans l'ordre normal des choses. Heureusement, pour mettre un terme à ce genre de débats gratuits, on peut encore faire confiance à quelques éditorialistes dont le recul fait souvent beaucoup de bien: "Le problème essentiel de ce pays n'est pas de savoir s'il lui faut ou non un roi mais s'il peut ou non rester uni" (Béatrice Delvaux, Le Soir).

J'enchaîne sur une confidence: je suis en train de tomber amoureux d'Alain Destexhe ! Bon, d'accord, sa stratégie électorale est aussi fine qu'un Panty de Maïté mais n'empêche, il a l'art de secouer l'olivier. Ce qui est génial avec lui, c'est qu'il grille complètement toute logique de parti, c-à-d le fondement même de notre organisation politique. Alors que les apparatchiks de tous bords s'évertuent à se positionner par rapport à leurs concurrents d'autres partis, Destexhe rue dans les brancards, tous les brancards, à gauche comme à droite. Avec ses révélations chroniques sur les dysfonctionnements gouvernementaux, il compte autant d'ennemis dans son propre parti que dans tous les autres réunis. Nous saurons bientôt si la technique est payante (à mon avis, elle l'est), en attendant profitons goulûment de ses sorties tonitruantes ! A chacun ses petits plaisirs...

Mais dans la catégorie "moi j'dis c'que j'pense et tant pis si ça énerve", Destexhe reste bien en-dessous du maître incontesté de la discipline, pratiquement son inventeur: Sarko ! Après les inoubliables "racailles, karsher, ...", Sarko continue sa marche rectiligne vers les présidentielles françaises. Alors que dans ses propres rangs, tous le monde semble s'écarter pour faire de la place au "petit gueulard", de l'autre côté, à gauche, la mutinerie a officiellement commencé ! Jack Lang prouve, statistiques à l'appui, qu'il est plus populaire chez les 18-25 que Ségolène; Hollande-le-tempéré joue l'honnêteté en avouant à la presse qu'il trouvait le dernier discours de Ségolène (sa femme donc) trop léger et peu clair, Strauss-Kahn fait le compte de ses amis pour soupeser ses chances... Et le meilleur pour la fin: Jospin nous revient plus voyant que jamais, sur toutes les ondes, sur tous les fronts, avec la ferme intention de susciter sinon un peu d'amour, au moins un brin de sympathie chez ses Français de concitoyens. C'est loin, très loin d'être gagné pour lui... Avec encore un peu d'entêtement dans ce sens, on peut s'attendre à une finale Sarko - Le Pen, un match idéologiquement nul.

J'en arrive à la déception de cette édition du Soir: page 23, la chronique de Thomas Gunzig. Je ne peux critiquer l'auteur, je n'ai rien lu de lui, mais cette chronique, franchement, est d'une fadeur assommante. Le thème du jour ? La "people-isation" des politiques, c-à-d la tendance des politiciens d'aujourd'hui à s'afficher en compagnie de stars. La semaine dernière, le télémoustique parlait de doc Gyneco récupéré par Sarko. Il y a deux jours, le JT de France 2 donnait à jean Reno le temps de dire son amour pour le même sarko. Tous les magazines people font désormais l'amalgame entre starlettes et politiques, tant ces derniers se mélangent sur les clichés des paparazzi. Plusieurs journaux ont déjà mentionné les bisous de Ségo à Jamel... Gunzig nous le redit, sans même ajouter une petite idée neuve, nada. Il conclut mollement : "chez nous c'est plus simple. Dans notre pays de la bonne franquette, le "people" existe peu et les politiques manquent cruellement d'attrait. C'est le bon côté des petits pays". Vous avez le droit de ne pas partager mon avis, mais je trouve ça d'un banal à pleurer... Si l'un d'entre vous voit le moindre intérêt à ce genre de commentaire qu'il me l'enseigne sans hésiter, parce que j'en arriverais presque à préférer une page de pub à la place.

Je rêve toujours d'une presse moins obsédée par l'objectivité (qui n'existe d'ailleurs que très rarement, par moments fugaces), une presse qui aurait le courage de donner, de temps en temps, un avis mouillé, une petite touche personnelle. Sinon dans ses articles de fond, au moins dans ses "billets". Une presse sans couille ne peut qu'attiser les extrémismes de tous poils.


photo: Affiche découpée de Raymond Hains. Ou comment faire du neuf avec l'ancien.

17:07 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

01/09/2006

 

Voici que débarque le Larousse nouveau. Il est toujours amusant de jeter un oeil aux mots élus "patrimoine de la langue française", ces anglaiseries francisées ou non. Généralement, la simple évocation de ces nouveaux mots permet de se faire une idée assez juste des préoccupations de l'époque.

Ainsi, nous sommes priés d'ajouter à nos tablettes les substantifs suivants: Bimbo (merci Paris), Biodiesel (merci les Verts), home-jacking, tuning (pas de merci svp), anti-âge (quand je vous parlais du poids de la pub), Slam (merci Grand Corps Malade, je doute que les petites mains du Larousse pensaient à Saul Williams et aux autres anglophones)... On ajoutera quelques expressions à la mode: arme de destruction massive (!), désobéissance civile et même Kit main libre !

Au rayon "noms propres", deux auteurs Belges s'en vont rejoindre Magritte et Tintin: Jean-Philippe Toussaint, très sympathique quand je l'ai croisé par hasard début juillet. Et François Weyergans, qui fut le premier à déposer un commentaire sur ce blog ! Tout lien de cause à effet est bien sûr à exclure !

15:16 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

17/08/2006

une histoire parmi d'autres

Je me suis mis à aimer l'histoire le jour où l'on cessa de me la présenter comme une ènième vérité coulée dans le bronze. Le jour où, simplement, on me la raconta. Bien sûr, cette méthode narrative a parfois tendance à refaçonner légèrement la réalité, à la scénariser par commodité mais, en général, le message passe et reste durablement dans les mémoires. Au départ de toutes les histoires, il y a le contexte, le décors...

A la fin des années 80, alors que l'empire Soviétique toussote et que le confort occidental commence à narguer l'austérité post-Stalinienne, il est devenu très difficile pour les peuples de se faire la guerre. La plus infime broutille à Cuba peut prendre des proportions nucléaires à Moscou ou Pékin, tout comme un pet mesquin lâché à Washington peut très bien retentir dans tout l'hémisphère Nord et se sentir au Sud. Depuis toujours, on sait que les temps sans guerre finissent inévitablement par nuire aux états les plus forts, réputés pour se développer moins vite et plus laborieusement avec un stylo qu'une batterie de Skuds. En cela, l'effondrement de l'U.R.S.S, le 21 décembre 1991, va considérablement changer la donne.

C'est la fin de la guerre froide, le point final d'une tension malsaine. La perception archi-dichotomique du monde s'effondre en même temps que le modèle soviétique, proclamant ainsi la victoire du libéralisme US. Enfin, on va pouvoir guerroyer à l'ancienne, conquérir des biens, des marchés, développer des stratégies, faire de la politique sans craintes de représailles menées depuis l'autre face du globe. Les vainqueurs sont heureux, les perspectives d'enrichissement sont infinies.

A cette époque, le patron des Américain s'appelle Georges Herbert Walker Bush (notez le "Walker" qui rime avec "Texas Ranger"), le père de notre Bush à tous. Sa grande idée, à Bush père, c'est qu'on ne peut vivre sans pétrole (a fortiori quand on est Américain et qu'on en consomme des hectolitres à l'heure) ! Il connaît son pays, il sait qu'il peut le forer tant qu'il veut, il ne trouvera jamais chez lui les quantités d'or noir suffisantes pour abreuver son peuple et les machines de celui-ci. L'avenir passera donc nécessairement par le Moyen Orient, l'Eldorado du monde motorisé ! Le hic, c'est que tout l'oppose à cet Orient-là : la religion, la culture, le régime politique, le mode de vie, la conception du bonheur ou de la réussite, tout. Comme la diplomatie n'est pas son fort et que la guerre, la vraie, est à nouveau envisageable, la question du "comment faire?" ne sera qu'une formalité. En s'attaquant littéralement aux pays arabes, Bush extrait du même coup plusieurs épines du pied de l'Amérique : l'approvisionnement en pétrole, la menace d'une coalition musulmane anti-occident (et ses conséquences terroristes), la pression que lui met la communauté juive (toute puissante aux USA) pour assurer le statut et la sécurité de l'état d'Israël et, au passage, la récupération des territoires perdus ou abandonnés aux Soviétiques pendant la guerre froide. En terme de profit, y a pas à discuter, c'est le coup du siècle. Petit coup de main providentiel de l'histoire, l'Irak commence justement à ennuyer le pauvre Koweit. L'aubaine !

Petite parenthèse : l'anti-américanisme primaire serait d'affirmer que les USA auraient eux-même provoqué le conflit Koweitien comme ils auraient eux-même détruit les tours new-yorkaises, ... Y a des soupçons, pas de preuve.

L'équipe Bush déploie donc toute l'armada démago qu'elle possède à la perfection : Saddam, ce tyran, va enfin payer pour ses crimes ! Une fois de plus, les marines vont libérer de l'opprimé ! Les USA ont décidé d'en découdre avec les tyrannies théocratiques !
Pour différentes raisons, le conflit va se compliquer. Le pétrole Koweitien sera sauvé, le peuple probablement aussi, mais Saddam reste sur son trône et Bush sur sa faim. Ce qui devait être le commencement du grand nettoyage des états arabes se limite finalement à une petite guerre ... d'échauffement. Bush ne sera pas réélu, Clinton se montrera plus diplomate (notamment en Israël/Palestine), le Moyen-Orient souffle un peu ou organise sa défense, selon les cas.

Huit ans plus tard, Bush fils accède au pouvoir. Une entrée en matière difficile dans la mesure où le petit "rame" un peu en tant que chef de quoi que ce soit. Jusque là, son parcours se résume à une succession d'échecs cuisants tant sur le plan professionnel qu'humain. Les premiers mois de son mandat traduisent visiblement une non-orientation politique consternante et les électeurs ne s'y trompent pas, Bush dégringole dans tous les sondages. Nouveau coup de main de l'histoire, le World Trade Center est abattu, vraisemblablement par des terroristes musulmans ! Dans la panique, on ressort les filiations entre les Bush et les Ben Laden, on parle des différentes giga-entreprises pétrolières ou d'armement détenues par la famille Bush et leurs proches, etc. On apprend surtout que Bush père a rejoint le fils en tant que consultant de crise. La suite s'explique alors plus facilement.

Imaginons que le tandem Bush ait décidé de poursuivre les objectifs que le premiers n'a pas eu le temps de remplir entre 1989 et 1993, qu'auraient-ils fait ? D'abord, ils auraient probablement cherché un moyen légitime de renvoyer leurs troupes au Moyen Orient. Ensuite, ils auraient tenté de remplacer les dirigeants hostiles aux Américains pour les remplacer par des valets fidèles. Ils s'en seraient pris le plus rapidement possible à cet hérétique belliqueux de Saddam, l'ennemi de toujours, pour faire de l'Irak un allié. En si bon chemin, les Américains, en auraient profité pour faire de même dans tous les états musulmans réfractaires : Liban, Syrie, ... Enfin, ils auraient fait le bilan pour s'apercevoir que : la route vers le pétrole se serait considérablement dégagées et que les historiques nations rivales seraient désormais à la solde du régime américain. Ils auraient noté que les opposants d'Israël auraient tous été désarmés, ce qui ravirait bon nombre de Grands Electeurs incontournables en temps de campagne. Bref, Bush père serait arrivé à ses fins, enfin.

Trêve de conditionnel, retrouvons le présent. Après le 11 septembre, Bush envoie ses troupes au Moyen Orient, en Afghanistan, sous prétexte de choper l'infâme auteur du massacre aérien. Le monde entier s'apercevant que Ben Laden ne se trouve probablement plus sur ces terres-là depuis longtemps, les G.I en profitent tout de même pour bouter les Talibans hors de leurs montagnes. Les Etats Unis les remplaceront, à la tête du pays, par une brochette de turbans avec lesquels ils pourront négocier le prix du baril tranquille. Ensuite, Bush soutient mordicus que Saddam le satyre cache plus que probablement son ami Ben Laden chez lui, en Irak. Les spécialistes ont beau s'étrangler à force d'expliquer que les deux hommes ne se causent plus depuis un bail, rien n'y fait, les USA s'inventent un nouveau prétexte (les armes de destruction massive) et entrent en guerre contre l'Irak. Saddam est débusqué, son gouvernement est immédiatement remplacé par une équipe jugée "authentiquement démocrate". Comprenez : une équipe acceptant les conditions de business à l'américaine. Que cette équipe soit ou non capable de tenir le pays à flot semble tout à fait dérisoire au vu des récentes images.

Jusque là, on peut dire que le présent rejoint le conditionnel. La suite le prouverait si l'opinion américaine (et anglaise) ne s'en était pas mêlée. Depuis le mensonge des armes de destruction massive, la démagogie made in Bush devient difficile à avaler même au pays. Une fois de plus, sa cote de popularité s'effondre, il est paralysé par les statistiques, se confond en excuses mal formulées, flirte avec le ridicule mais le cours du Bush reste faiblard. Le président interrompu dans sa croisade (un mot déjà entendu dans la bouche de papa mais que ce dernier évitait d'utiliser en public), on se dit qu'on va souffler un peu en attendant le prochain. Et bien non, pas du tout. Au même moment, deux soldats lambda de l'armée israélienne sont enlevés par le hezbollah libanais. Vous me direz que ça n'a rien à voir avec deux avions plantés dans les plus hautes tours de N-Y ou des explosions de trains dans une grande capitale, surtout quand ce genre de kidnapping a lieu dans une région où la violence ambiante a banalisé ce genre de fait divers. Je suis bien d'accord. De manière très surprenante (c'est mon avis), le ton monte à une vitesse folle entre Israël et le Hezbollah. On ne connaît pas encore les noms des malheureux disparus que déjà on s'envoie des missiles à la tronche... étrange. Alors que la tension n'en finit pas de monter, on a l'impression que la diplomatie, pourtant rodée à ce genre de soulèvements soudains, est immobilisée etque l'on ne peut rien y faire. Les discours de Bush prennent des airs de manifestes pacifistes (pas le choix vu les sondages alarmants) malgré le soutien inconditionnel à Israël. D'ici peu, le Hezbollah sera décimé et le gouvernement libanais aura les mains libres pour relancer son économie via des échanges commerciaux avec l'Ouest.


En conclusion.
Avec 15 ans de retard, il semble que les desseins de Georges Walker Bush ne soient plus très loin de leur concrétisation. Bien sûr, L'Irak n'est toujours pas pacifiée (mais était-ce vraiment l'un des objectifs majeurs des USA? Permettez moi de douter) et le Hezbollah vivote encore mais on approche du but. Dire que les USA ont mandaté Israël pour régler le cas libanais serait peut-être exagéré. Quoiqu'il en soit, le résultat sera probablement le même et la croisade américaine aura progressé sans que le président se salisse davantage les mains. Alors que la presse filme les mortiers volants et compte les morts, la face du Moyen Orient, ses fondements, sont en train de changer pour le reste de son histoire. A bien des égards, ces changements seront bénéfiques aux populations locales. A d'autres, beaucoup moins.
Si les américains ont le temps de façonner le Moyen Orient à leur guise, le modèle capitaliste aura gagné un sursis. Car personne n'est vraiment dupe. On se rend bien compte que nos économies occidentales peinent à se renouveler, que les marges fondent, que le chômage explose, bref que ce modèle économique est finalement bien moins démocratique qu'on voulait bien nous le faire croire il n'y a pas si longtemps. On parlait de crise dans les années 90, aujourd'hui rien ne s'est amélioré mais le mot crise a disparu. Pour la première fois, nous avons accepté que le modèle libéral ne soit pas la progressive ascension vers l'épanouissement que l'on nous promettait. Dans nos pays de la surabondance, les limites de ce système sont déjà bien visibles.
Mettre un nouveau continent comme le Moyen Orient à la disposition de nos économies voraces, c'est s'assurer du pétrole pour quelques décennies de plus. C'est aussi la promesse d'un nouveau coup de pousse temporaire pour l'économie US... Mais après ça, que restera-t-il ? L'Afrique, oui, et après ? Le Grand Soir ? Peut-être, mais c'est une autre histoire.

17:33 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

09/08/2006

Gold Digger

Aujourd'hui, j'ai 27 ans. Dans mon ordinateur, Keziah Jones chante Emilie Jolie, une page blanche m'attend. Je n'ai plus écrit depuis longtemps, je le sens à mes doigts raides, à ce clavier qui me semble immense. En Angleterre, j'ai bien essayé de vous prévenir que je n'avais pas déserté les lieux. Sans y parvenir. Mon rythme estival et la fatigue qu'il engendre me dépouillent progressivement, insidieusement, de toute vie intérieure.

Cette page sur laquelle je superposais mes coups de gueule a perdu de son sens. Mes petites dénonciations d'hier me paraissent aujourd'hui d'une évidence plate. Je regarde le monde à la lumière de mes dernières rencontres, de mes voyages, de l'apprentissage que je fais des enjeux qui sous-tendent notre actualité. Je vois de moins en moins d'intérêt au décorticage de ce qui ne sera jamais rien d'autre que notre destin. Le pilonnage du Liban, par exemple. Qu'en sait-on ? Au-delà des photos, des faits de guerre, des additions nécrologiques dont les images se passent bien de mot pour nous parler (voir "no comment" sur la chaîne de news européenne), que peut-on dire ? Qui oserait affirmer qu'Israël ne prend pas simplement le relais des Américains dans le grand nettoyage des théocraties arabes ? Bush et Blair ayant les couilles dans l'étau médiatique, qui mieux qu'Israël pouvait poursuivre leur effort ? Nous n'en savons rien, nous ne saurons jamais et cela ne fait d'ailleurs aucune différence quant à l'issue de cet anti-débat.

Collatéralement, Internet devient la source d'information la plus consultée par nos contemporains. On y apprend par exemple que la couche d'Ozone se reforme rapidement, qu'Elvis a été aperçu à Central Park récemment, que les U.V ne nuisent pas à l'épiderme... Autant de "sexy-scoops" pré-mâchés, si faciles à gober pour une génération d'obèses nourris de vide. Anorexiques mentaux et néanmoins parfaitement adaptés à leur monde. Tapez "Bernard Anselme" sur Google et vous verrez que malgré les centaines d'articles récents sur ses "affaires" namuroises, le petit article que je lui avais consacré le 31 mai apparaît sur la première page des réponses. Il a d'ailleurs porté plainte. En gros, sur Internet, le premier scribouillard oisif venu est désormais l'égal de n'importe quelle édition "sérieuse".

Devons-nous nous taire ?













A 27 ans, on n'écrit plus seulement pour le plaisir de se relire. On voudrait que les mots servent, qu'ils poursuivent un but. Mais peut-être devrais-je rester sur le mode du "je". A 27 ans, je réalise que mon envie d'écriture est à son paroxysme mais, paradoxalement, je me trouve bien mal à l'aise quand il s'agit de trouver un thème digne d'intérêt. L'actualité, je vous le disais, m'indiffère gravement. Je m'horripile moi-même quand je me lance dans la critique d'un livre, d'un CD ou d'un film. Les diplômes ne changent rien à ce sentiment. J'ai déjà donné dans la biographie mais l'exercice, aussi profitable soit-il, a fini par me convaincre de prendre d'autres voies. Reste la fiction. Mettre mes mots dans la bouche de personnages imaginés, faire enfler le réel puis le réduire à une histoire, une seule, qui vaudrait pour plusieurs.

En ce 9 août, s'est produit en moi ce qu'un prof d'unif aurait vite fait de qualifier de "révolution Copernicienne". Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours pensé qu'il fallait vivre un maximum d'expériences différentes afin de se nourrir les yeux, l'esprit, l'âme. Des années durant, j'ai bouffé à tous les râteliers : sports, cultures, musique, voyages, lectures, rencontres. Autant de mondes différents dans lesquels j'ai allègrement trempé. Autant de situations auxquelles je me suis frotté pour apprendre. Apprendre sur les autres, sur le monde et surtout sur moi-même. Aujourd'hui, quand je fais le bilan de ces immersions, je me demande à quel point la connaissance n'est pas le vecteur privilégié de la déception. Si l'accumulation des savoirs n'aidait à débusquer qu'une et une seule vérité, ce serait probablement celle proclamant l'impossibilité humaine de savoir. Voilà qui est décevant.

Conclusion d'autant plus désolante qu'elle ne date pas d'hier. Combien de types n'ont pas déjà cassé leur plume sur cette impasse ? Beaucoup. Aujourd'hui, sans en avoir nécessairement conscience, les gens sentent qu'il n'existe pas de connaissance globale, pas de vérité immuable. C'est je crois une explication du foutoir actuel. En extrapolant un peu, dans un monde sans vérité, Voici vaut le Nouvel Observateur, n'importe quel papier sur internet vaut le Times, la méthode Cauet vaut Des Racines et des Ailes, etc. Libéré du joug de La Vérité, l'humain a bousillé toutes les hiérarchies. Dans sa lancée, il a aussi banni le sens des choses au profit de leur rentabilité. Car on peut penser ce qu'on veut du profit, mais lui au moins, il est palpable. Tandis que le sens, la vérité ... Comment donc en vouloir à tous ceux et celles qui prennent leur pied à la surface des choses ? Comment pester contre l'"entertainment" primaire, les slogans creux, les adeptes de Sulitzer, les succès de Bataille et Fontaine ... ? Nous appartenons aux générations déçues. Déçues par la faillite d'un siècle d'idéaux infoutus de tenir leurs promesses. Privés de sens, privés de vérités-repères, on a placé notre salut dans la matière consommable et les petites joies immédiates. De toutes façons, rien ne dure.

Vous comprenez peut-être mieux ma petite révolution du jour. C'est comme si j'avais cherché de l'or dans les mines les plus profondes pendant 20 ans et que je m'apercevais aujourd'hui que tous les autres en trouvent à la pelle au raz de leur gazon. Mon or à moi résistera peut-être mieux au temps mais qu'importe puisqu'apparemment leur or, sitôt ramassé, repousse continuellement à leurs pieds. Je n'envisage pas de changer ma façon de faire, mais c'est parfois nécessaire de dire : tout ça me déçoit.

17:43 Écrit par le temps passe, le reste reste. dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |